Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les syndicats ont appelé au rassemblement jeudi 1er septembre sur la place de Plainpalais. 
© Martial Trezzini/Keystone

Invité

Le deuxième pilier fond, renforçons les rentes de l’AVS!

Unia propose de renforcer les rentes AVS avec son initiative AVSplus soumise au peuple le 25 septembre. Tribune de sa présidente Vania Alleva

Aujourd’hui, les retraites sont sous pression. D’un côté, les milieux économiques manœuvrent sous la Coupole fédérale pour que l’on travaille jusqu’à 67 ans ou plus. De l’autre, les caisses de pension baissent les rentes du deuxième pilier. On veut faire croire à la population que ce mouvement est inéluctable et qu’il faudra se résigner à travailler plus longtemps pour toucher des rentes qui ne nous permettront pas de vivre. En tant que syndicalistes, nous estimons que quiconque a travaillé toute sa vie mérite une retraite décente. L’augmentation de l’âge de la retraite est absurde alors qu’aujourd’hui dès 50 ou 55 ans, beaucoup de gens sont éjectés du marché du travail.

Face aux problèmes de la prévoyance vieillesse, nous proposons de renforcer les rentes AVS. Tout le monde en profitera, surtout les personnes qui dépendent avant tout de l’AVS pour vivre. Je pense particulièrement aux femmes qui touchent des petites rentes du deuxième pilier et dont plus d’un tiers dépendant uniquement du premier pilier. Cette situation s’explique par le travail à temps partiel, les interruptions de carrière dues à la maternité et aux inégalités salariales. L’AVS tient compte des tâches éducatives assumées par les femmes: les rentes AVS des femmes sont pratiquement les mêmes que celles des hommes, ce qui est loin d’être le cas dans le deuxième pilier.

L’AVS, stable et avantageuse

Miser sur l’AVS est une bonne solution, c’est une assurance stable et avantageuse. Stable, car cela fait 40 ans qu’elle n’a jamais dû augmenter ses cotisations et a toujours été en mesure de payer les rentes. Avantageuse, car elle dispose d’un rapport imbattable entre l’argent cotisé et celui reversé sous forme de rente. Pour toucher une rente mensuelle de 3510 francs, avec l’AVS un couple doit verser 460 000 francs. Pour toucher la même rente avec la prévoyance privée, il devra en débourser près du double, soit 810 000 francs. Sur le plan des cotisations salariales aussi, l’AVS est imbattable: 4,2% contre 19,7% en moyenne dans le deuxième pilier. Cela est dû à son système de financement par répartition et par le fait qu’elle échappe aux marchés financiers et aux coûteux frais de gestion encaissés par les banques, les assurances et les administrateurs de fonds de pension.

De leur côté, les caisses de pension rencontrent depuis des années de graves difficultés. Les rendements des capitaux ayant fortement diminué, elles ne peuvent plus servir les rentes qui avaient été promises à l’époque. Beaucoup d’entre elles ont d’ores et déjà pris des mesures douloureuses en augmentant les cotisations et en baissant leurs prestations. Les grandes caisses de pension ne sont pas épargnées: elles baissent aussi leurs rentes, comme on l’a notamment observé chez Novartis (–12%), La Poste (–17%) et les CFF (–20%). Et la liste est loin d’être exhaustive.

Contrebalancer le 2e pilier

Une hausse de 10% des rentes AVS, telle que la demande AVSplus, permettra de contrebalancer les pertes dans le deuxième pilier. C’est d’autant plus important aujourd’hui que la Commission de la sécurité sociale du Conseil national s’est prononcée pour une baisse massive des taux de conversion de 6,8% à 6%, ce qui fera chuter les rentes d’en moyenne 12%. Les maigres mesures compensatoires qui avaient été arrachées lors du débat de la Commission des Etats ont été balayées. A moins qu’AVSplus soit acceptée, il n’y a aucune garantie que des compensations à la baisse de rentes soient introduites. Voter oui à AVSplus c’est aussi donner un signal clair contre le véritable massacre des rentes qui se prépare au parlement. Il nous faut à tout prix l’éviter et nous mobiliser pour défendre nos retraites!

Concernant son financement, notre initiative a le mérite d’être bon marché comparé aux effets positifs qu’elle va déployer. Un coût de 4 milliards peut paraître élevé a priori, mais il doit être mis en perspective avec le PIB de la Suisse qui était de 639 milliards en 2015 et qui pourrait atteindre 850 milliards en 2030. L’augmentation limitée de 0,4% des charges des salariés et des employeurs permettra de financer une augmentation des retraites dont tout le monde profitera. Un salarié touchant 5000 francs devra débourser 20 francs de plus pour toucher 200 francs de plus par mois à la retraite. Les hauts revenus devront davantage cotiser, mais ils recevront aussi une augmentation de rente. Cela aura un effet de redistribution bienvenu à l’heure où les inégalités salariales se creusent de manière préoccupante.

La votation du 25 septembre influencera considérablement les débats dans le cadre de la réforme «Prévoyance vieillesse 2020». Chaque voix pour AVSplus sera une voix contre la baisse des rentes et contre l’augmentation de l’âge de la retraite. La mobilisation aux urnes est de mise pour cet enjeu qui nous concerne toutes et tous.

* Présidente du syndicat Unia

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)