Le fonds de pension des 8000fonctionnaires des West Midlands, en Grande-Bretagne, a réalisé une performance de 21,1% sur ses investissements en 2005. Comme l'année précédente (+11,6%), il devance d'un cheveu les résultats moyens des autres grands fonds de pension auxquels il se compare. Dans leur rapport, ses gérants affichent leur confiance pour dégager des rendements de 7 à 8% au cours de la décennie à venir.

L'argument d'une «diminution des rendements à long terme attendue sur les marchés financiers» invoqué mercredi par le Conseil fédéral pour réduire les rentes du deuxième pilier semble ne pas avoir cours outre-Manche. Les gérants britanniques visent des performances à long terme deux fois supérieures à celle nécessaire (4%) pour l'équilibre du deuxième pilier suisse. Ils auraient dû être les premiers à se plaindre d'un repli des gains à attendre des marchés financiers.

Vision à court terme

La différence essentielle entre les fonds de pension suisses et britanniques est l'allocation d'actifs. Les premiers détiennent en moyenne 30% d'actions, contre 63% pour les seconds. Le fonds des fonctionnaires des West Midlands a poussé cette proportion jusqu'à 77%. Les actions constituent la classe d'actifs qui a le plus progressé depuis trois ans. A contrario, les fonds de pension suisses sont investis à 39% en obligations, dont 26% en emprunts suisses qui rapportent moins de 2,5%. C'est-à-dire pas grand-chose.

Dans son intervention de mercredi, le conseiller fédéral PascalCouchepin a laissé entendre que la santé financière fragile des fonds de pension suisses leur interdisait de prendre plus de risques sur les actions. En effet, beaucoup d'entre eux s'étaient précipités sur les actions à la fin du cycle haussier de la dernière décennie. Paniqués par la chute des marchés qui a suivi, ils ont vendu leurs positions au pire moment en 2003 et n'ont que peu profité de la hausse de ces quatre dernières années. «Le risque contre lequel les caisses de pension se prémunissent en restant sur des emprunts à 2,5% est celui de devenir riche», tempête Jacques-André Monnier d'IAM, un gérant institutionnel à Genève. Les fonds de pension, qui ont un horizon d'investissement de 30 ans, ne devraient pas se focaliser sur leur taux de couverture à court terme, explique-t-il.

Avec leurs fortes expositions aux actions, les fonds britanniques ont vu leurs actifs fondre de 22% entre 2000 et 2003. Néanmoins, sur dix ans, période qui inclut également l'effondrement des actions en 1998, leur performance est de 122%, contre 66% pour les fonds suisses.