La réaction paradoxale du marché mardi ne laisse pas de surprendre. L'action CS Group a gagné 2,5% après l'annonce d'une perte nette record de 3,4 milliards de francs en 2002. Celle-ci a été alourdie par 700 millions de francs de nouvelles charges dans les comptes 2002, liées aux démêlés juridico-financiers auxquels prévoit d'être confronté le géant bancaire. A l'instar d'autres concurrents américains, CS Group s'attend à payer cher certaines pratiques abusives que CS First Boston avait pu adopter. Mais le duo de chefs germano-américain, qui a repris les rênes opérationnelles de CS Group, veut tirer un trait sur les plaies du passé et d'une expansion mal maîtrisée. En provisionnant d'emblée un montant substantiel, le groupe prête moins le flanc aux spéculations, susceptibles de faire vaciller et fluctuer l'action au moindre revers juridique. Ce qui contribue à réduire son profil de risque. Avec les premiers fruits de ce travail porté sur les coûts névralgiques, sont posées les conditions internes d'un redressement. Mais les conditions difficiles attendues sur les marchés en 2003 ne laissent la place qu'à un optimisme prudent.