«Le sujet est devenu un enjeu stratégique important»

Avec l’aide de Genilem, Bettina Ferdman Guerrier a lancé la fondation Philias en 2000, avant que la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ne soit dans l’air du temps. Avec ses bureaux à Genève et Zurich, Philias compte huit collaborateurs et réalise des diagnostics de RSE pour des entreprises actives dans tous les secteurs d’activité et les accompagne dans la mise en œuvre opérationnelle.

Le Temps: La responsabilité sociale des entreprises (RSE) répond-elle à un effet de mode?

Bettina Ferdman Guerrier: Non, la RSE n’est pas tendance. Depuis quelques années, on assiste à une réelle prise de conscience de la part du secteur privé. La crise de 2008 a sans doute joué un rôle déclencheur. Par ailleurs, une évolution s’est faite au sein des entreprises en termes de professionnalisation de la RSE et de la façon de communiquer sur ce thème. Elles sont plus transparentes et cette thématique est devenue un enjeu stratégique important. Parallèlement, les entreprises y sont plus sensibles qu’il y a quinze ans car il y a une pression indirecte des fournisseurs. Ils veulent travailler avec des entreprises responsables. De leur côté, les clients préfèrent acheter, à prix égal, des produits équitables. Le consommateur a une conscience plus marquée, notamment la jeune génération. Enfin, c’est aussi une façon de motiver, fidéliser ou attirer un jeune employé issu de la génération Y. Le volontariat d’entreprise permet de joindre les aspirations et valeurs personnelles des individus à celles de l’entreprise.

– Les PME sont-elles moins disposées à se lancer dans un processus de RSE, à la différence des grandes sociétés?

– La majorité d’entre elles ont déjà entrepris des actions sociales, souvent sans le savoir. Ce sont elles par exemple qui forment le plus d’apprentis. Nous encourageons les PME à mieux communiquer ce qu’elles ont déjà mis en place.

A la différence des multinationales, les petites sociétés ont la chance d’avoir moins de pression de l’actionnariat et sont plus libres de prendre les décisions qu’elles souhaitent.

– Quel est le coût d’une analyse chez Philias?

– Pour des clients non membres, le coût est d’environ 10 000 francs. L’objectif de base est de trouver un équilibre entre la vie économique de la société, le social et l’environnement. Si la société y voit un intérêt par rapport à ses clients, la marche de ses affaires ou ses employés, elle fera la démarche.

Concrètement, nous établissons un bilan des actions déjà mises en œuvre en matière de RSE et proposons d’accompagner l’entreprise dans la mise en place de nouvelles mesures, à l’exemple d’un partenariat stratégique avec une organisation non gouvernementale ou l’implication des collaborateurs dans des actions de volontariat.

– Existe-t-il de plus en plus de ­fondations ou de sociétés qui proposent des services comme les vôtres?

– Nous avons été les premiers en Suisse à nous pencher sur la RSE. Désormais, les grandes sociétés d’audit et de conseil proposent aussi ce type de services. Tout comme certaines entreprises de communication. En outre, il existe des sociétés, comme Quantis, qui se sont spécialisées dans un créneau spécifique, celui de l’environ­nement.

De notre côté, nous nous démarquons de la concurrence par notre expertise dans le domaine social. Concernant le volet environnemental, nous travaillons avec des partenaires qui peuvent répondre aux besoins de nos membres et de nos clients.