Des centaines de personnes ont récemment déplacé leurs avoirs chez PostFinance, succursale de La Poste propriété de la Confédération, ou à la banque Raiffeisen, jugées plus sûres que les grandes banques. Certaines banques cantonales bénéficiant d'une garantie totale du canton, comme celles de Zurich ou de Fribourg, constatent également un fort afflux de fonds.

Pourtant, ces mouvements ne suffisent pas, selon le type de dépôt d'épargne choisi, à garantir totalement les fonds ainsi mis en sécurité. PostFinance, comme la banque Raiffeisen, disposent de contrats de sous-traitance qui exposent leurs clients à des risques cachés habilement dissimulés dans la publicité. Les petites lettres des contrats sont juridiquement solides, mais elles ont de fortes chances d'échapper à la vigilance des nouveaux clients.

3e pilier non garanti

PostFinance, qui ne possède pas de licence bancaire conformément à la volonté politique en la matière, sous-traite un certain nombre de produits bancaires à UBS et à la Banque Cantonale Vaudoise (BCV). Les dépôts d'épargne vieillesse du 3e pilier versés à PostFinance sont ainsi gérés par une fondation conjointe liée à UBS, dont le siège est à Bâle.

La gestion d'un portefeuille de titres via le service en ligne de PostFinance est traité par la BCV sans que le client ne s'en rende visuellement compte. Le compte courant lié à ce portefeuille tombe sous la responsabilité de la BCV. La garantie de la Confédération n'entre donc pas en jeu, comme le confirme Marc Andrey, porte-parole de PostFinance. «Dans le cas, hautement improbable, d'une faillite d'UBS, l'argent déposé sur un compte 3e pilier de PostFinance n'est formellement garanti que jusqu'à hauteur des 30000 francs usuels. Mais PostFinance ne laissera pas tomber ses clients et leur viendra en aide. Il en va de même en ce qui concerne les comptes courants liés à un portefeuille de titres e-trading PostFinance gérés par la BCV.»

Propriété de la Confédération

PostFinance détenait, au 30 juin, quelque 470 millions de francs de dépôts et de fonds non garantis par la Confédération. Cela représente 1% des 47 milliards déposés auprès de PostFinance.

La garantie de la Confédération sur PostFinance n'est pas écrite. «Elle est implicite et subsidiaire», explique Marc Andrey. Dans un premier temps, l'épargne serait garantie par les fonds propres de La Poste, qui s'élèvent à 2,6 milliards de francs. La Confédération interviendrait très probablement dans un deuxième temps, en tant que propriétaire de l'établissement.

Le sous-jacent Vontobel

Le cas de la banque Raiffeisen est différent. Le risque sous-jacent provient de son étroite collaboration avec la banque Vontobel, dont le titre a chuté de 53% en un an. Raiffeisen a sous-traité la totalité de ses activités boursières à Vontobel, considéré comme sa banque d'investissement, dont elle possède d'ailleurs 12,5% du capital, payés 225 millions de francs en décembre 2004.

Les clients de Raiffeisen possédaient, à fin 2007, 4,1 milliards de francs de produits structurés gérés par Vontobel. Constituée en coopérative, Raiffeisen n'est ainsi pas responsable des avoirs placés dans 53 de ces produits.

Et si Vontobel vacillait, que deviendrait son actionnaire minoritaire Raiffeisen? «Vontobel est connu pour la prudence de sa politique de risque. Sa qualité s'exprime par des ratings A et A2. Ses fonds propres représentent un multiple des exigences de Bâle II», rassure Philippe Thévoz, porte-parole de Raiffeisen.

PostFinance s'attend à un afflux de 7 milliards de francs supplémentaires en 2008, alors que Raiffeisen accueille chaque jour 600 nouveaux clients.