Innovation

Que deviennent les start-up lauréates de Seedstars?

Plusieurs jeunes pousses issues des pays émergents ont été présentes cette semaine à Lausanne pour faire connaître leur technologie et rencontrer d’éventuels investisseurs. L’occasion de redécouvrir les vainqueurs des trois premières éditions

Chaque année depuis quatre ans, Seedstars World offre un coup de projecteur à des start-up issues des pays émergents. Pour cette édition 2017, 65 jeunes entreprises ont été sélectionnées parmi 3000 candidatures pour passer toute la semaine à Lausanne. Elles ont bénéficié de mentors qui les ont aidés à améliorer leur modèle d’affaires, ont pu se faire connaître et rencontrer d’éventuels clients et investisseurs. «L’année passée une dizaine d’investissements ont été conclus grâce à Seedstars», a noté Charlie Graham-Brown, directeur financier de cette organisation internationale basée à Genève et dirigée par Alisée de Tonnac.

Durant neuf mois, l’équipe de Seedstars World a sillonné le globe à la recherche de start-up prometteuses. «La plupart des gens ne voient pas les milliards d’opportunités qui se présentent dans ces marchés qui sont déjà en train de se transformer en centres d’innovation, explique Alisée de Tonnac. Les talents n’éclosent pas que dans la Silicon Valley.»

Chaque année, une seule start-up décroche le titre de Seedstars Global Winner et reçoit 500 000 dollars d’investissement en capital. Le gagnant 2017, primé jeudi soir, se nomme Acudeen. Fondée aux Philippines, la start-up a créé une plate-forme en ligne destinée aux PME rencontrant des problèmes de trésorerie. Que sont devenues les lauréates des éditions précédentes?

Traduction collaborative

En février 2014, c’est la start-up Flitto qui est ressortie vainqueur. Fondée en 2012 en Corée du Sud, la jeune pousse a lancé un service de traduction en ligne développé par Simon Lee. Cette plateforme de traduction collaborative internationale permet d’envoyer un texte et de demander une traduction dans dix-huit langues au choix. Dans la minute qui suit, les membres de Flitto traduisent le texte dans la langue sélectionnée. Cette plateforme permet également l’envoi de photos pour en demander la traduction, à l’exemple de la carte d’un menu dans un restaurant. Il est aussi possible d’envoyer en direct un contenu audio.

Les traducteurs de Flitto, répartis dans le monde entier mais majoritairement basés en Asie, sont payés en points Flitto, en fonction du nombre de mots traduits. Ces points peuvent être utilisés pour effectuer des achats sur des sites d’e-commerce, faire des donations, être convertis en liquidités ou être utilisés pour demander des traductions. Aujourd’hui, Flitto revendique 6 millions d’utilisateurs dans 170 pays, avec environ 300 000 traductions déjà traitées. «La société a déjà réalisé 4 tours de financement», note Charlie Graham-Brown.

Les ressources humaines facilitées

Quid de Salarium, une start-up primée en 2015? Cette société fondée aux Philippines par Judah Hirsch offre une solution complète de versement des salaires et autres fonctions utiles aux ressources humaines des grandes entreprises dans les pays émergents. Déployée uniquement aux Philippines et comptant une cinquantaine d’employés, Salarium concernent surtout les employés sans compte bancaire. Une centaine de sociétés travailleraient désormais avec l’entreprise.

Recrutement automatisé

Enfin Giraffe, lauréate 2016, a développé une plate-forme mobile entièrement automatisée qui permet de rationaliser le processus de recrutement. Les demandeurs d’emploi peuvent créer gratuitement un CV simple en utilisant leur téléphone portable. Les entreprises soumettent de leur côté leurs besoins en matière de personnel. L’algorithme de recrutement identifie automatiquement les candidats les plus appropriés. Le système de Giraffe entre en contact avec les candidats et organise même des entretiens.

«Etant donné que le processus de recrutement est entièrement automatisé, Giraffe est dix fois moins cher et dix fois plus rapide que toute autre agence de recrutement ou service d’emploi, ce qui permet de proposer des candidats en moins de 48 heures», écrit l’entreprise basée en Afrique du Sud. Cette application dans laquelle Seedstars a investi 250 000 francs, aurait déjà été téléchargée par 320 000 utilisateurs.

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