Innovation

Que deviennent les start-up de l'EPFL une fois rachetées?

Grâce à la reprise par Intel, Lemoptix peut passer du prototype au produit. Des créations de postes à Lausanne sont envisagées par le géant américain

Que deviennent les start-up de l’EPFL qui ont récemment été rachetées? Petit tour d’horizon.

Faceshift

La start-up Faceshift, développe une technologie de détection des mouvements du visage, et les reproduit sur un avatar en temps réel. Lancée en 2011 dans un laboratoire de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), la start-up s’est par la suite installée à Zurich. Le mystère plane sur l’acquéreur de Faceshift. Apple n’a ni confirmé, ni affirmé. L’un de ses fondateurs, Mark Pauly, a juste indiqué que la société se trouvait toujours à Zurich. Et de souligner: «La Suisse est un endroit magnifique pour lancer une start-up mais ce n’est pas facile d’y grandir à partir d’une certaine taille. Nous ressentons des difficultés notamment en matière de recrutement. Le vote du 9 février [sur l’initiative dite contre l'immigration de masse] a rendu les choses encore plus complexes.»

Lemoptix

La société a été reprise par Intel en mars dernier pour un prix non dévoilé. Une équipe de 25 personnes est toujours active sur le site de l’EPFL. «Des recrutements sont en cours», note Nicolas Abelé, cofondateur Lemoptix, connue pour son projecteur laser miniature. Une dizaine d’annonces ont été publiées par Intel pour le site lausannois qui fait désormais partie de la division New Devices Group, une unité de près de 600 personnes à travers le monde, spécialisée dans le développement de puces pour des objets portables. Qu’a changé la reprise d’Intel pour Lemoptix? «Nous nous concentrons sur un seul produit, explique Nicolas Abelé sans préciser lequel. Et surtout, nous avons pu passer du prototype au produit. Il fallait posséder des moyens colossaux pour lancer la production d’une série de 100 000 pièces.» Aurait-il été possible de développer Lemoptix sans passer par une revente de la start-up? «Oui, mais ce n’était pas notre objectif. Cela ne nous intéressait pas du tout. Sans revente de la société, Lemoptix serait resté un centre de recherche et de développement. Ce qui n’est pas très excitant pour une équipe», commente l’ingénieur. Quant à savoir si Intel gardera son centre de recherche à l’EPFL, Nicolas Abelé en est persuadé. «Intel a l’habitude de fonctionner ainsi. Le groupe a déjà racheté d’autres start-up, notamment en Israël, à Nice, à Toulouse ou en Hollande. À chaque fois, les équipes sont maintenues sur place. Nos chefs américains prennent l’avion comme le train. Ils viennent nous rendre visite presque chaque semaine.»

Composyt Light Labs

Les ingénieurs de Composyt Light Labs seraient apparemment toujours à l’EPFL, voisins de Lemoptix. La discrétion est en revanche totale. Mickael Guillaumée, cofondateur de la start-up reprise par Intel, n’a pas l’autorisation de s’exprimer publiquement. Aucune information n’a été donnée sur la poursuite ou non des lunettes connectées.

Sensima Technology

Spin-off de l’EPFL, la société Sensima Technology a annoncé son intégration au sein de la structure américaine Monolithic Power Systems (MPS), basée à San José en Californie. L’entreprise est toujours basée à Gland depuis son rachat en 2014 pour 11,7 millions de dollars. «Seuls, nous n’aurions probablement pas survécu, note Serge Raymond, cofondateur de l’entreprise Sensima Technology, devenu MPS. Nous n’étions pas rentables et visions un marché de masse où il est très difficile d’entrer en concurrence avec les entreprises déjà bien établies et proposant des prix très concurrentiels.» L’entreprise qui compte six personnes développe toujours sa technologie, à savoir des capteurs d’angle magnétique. Elle les destine à des moteurs électriques ainsi qu’à des drones – son marché principal. La société restera-t-elle en Suisse? «C’est quasi sûr. Notre valeur ne repose surtout sur ses collaborateurs. Et nous ne sommes pas prêts à aller vivre en Chine ou aux Etats-Unis.»

Aïmago

Aïmago, issue du Laboratoire d’optique biomédicale de l’EPFL, a développé un système de visualisation de la microcirculation sanguine. La société d’imagerie médicale a été rachetée par le groupe américain Novadaq Technologies pour 10 millions de dollars. «La technologie est toujours exploitée mais il n’y a plus de bureau en Suisse», s’est contenté de préciser Stephen Kilmer, chargée de communication chez Novadaq, sans donner plus d’information.

Jilion et SenseFly

La start-up vaudoise Jilion a été reprise en décembre 2013 par la plateforme française de vidéo en ligne Dailymotion. La jeune pousse, fondée par d’anciens étudiants de l’EPFL, a développé un lecteur vidéo personnalisable, fonctionnant sur tous les types de terminaux et avec tous les navigateurs. Elle est intégrée au groupe français. De son côté, le groupe Parrot a racheté en juillet 2012 Pix4D, une spin-off de l’EPFL active dans le calcul d’images 3D, ainsi que SenseFly un fabricant de drones, toujours actif depuis Lausanne.

Publicité