Marché immobilier

Il devient risqué d'investir dans l'immobilier, avertit UBS

Les investissements dans l'immobilier deviennent risqués, estime UBS dans une étude. Globalement, les taux de logement vacants sont en hausse et les prix sont élevés. Conséquence – et bonne nouvelle pour les locataires: il faut se préparer à une baisse des loyers

«On arrive à la fin d'un cycle qui a duré 16 ou 17 ans. Le marché immobilier a déjà entamé un ralentissement. Même s'il existe encore des niches d'investissements possibles, il faut le faire avec beaucoup de discernement», a expliqué jeudi devant la presse à Lausanne Thomas Veraguth, économiste auprès de la grande banque.

En 2016, les loyers proposés ont reculé de 1,3% par rapport à 2015, une première depuis 2000. Les loyers des appartements neufs ont même chuté de 3,4%. Et une nouvelle baisse est attendue cette année, alors que les prix des logements en propriété devraient stagner, note UBS dans son étude «UBS Real Estate Focus 2017».

Davantage de logements vacants

Le taux de vacance (logements vacants) «devrait peser sur les loyers». Ce dernier a doublé depuis 2009 et devrait poursuivre sa progression. Si au niveau suisse il n'est que de 2%, une commune sur quatre affiche un taux supérieur à 5%.

Pour l'investisseur, les rendements nets maximaux des immeubles locatifs ont baissé en moyenne de 2,8% à 2,6% dans les grandes villes suisses, l'an dernier. Ce recul pousse les acheteurs à chercher une meilleure rentabilité dans des objets excentrés.

Peu d'endroits où investir

Dans ces conditions, est-il encore intéressant de devenir propriétaire, se demande UBS. L'étude a analysé la situation de quelque 2300 communes selon trois critères économiques (l'achat moins cher que la location, un revenu moyen suffisant et un taux de vacance limité). Seules 61 d'entre elles ont rempli ces critères, dont Assens, Etagnières et Bercher (VD) ou encore Avry (FR).

«On a fait beaucoup de calcul», explique Thomas Veraguth. «On voit qu'il devient plus compliqué d'investir. Il faut analyser au cas par cas, mais il n'y a pas beaucoup de communes où on peut se permettre d'acquérir un logement», a-t-il expliqué.

Immeubles locatifs attractifs

Quelques régions restent attractives pour des investissements dans des immeubles locatifs. Dans le haut de gamme, Lausanne tire son épingle de jeu en raison de ses bonnes perspectives économiques et démographiques.

La région zurichoise et Nyon sortent du lot grâce à leur potentiel de croissance et leur faible taux de logements vacants. Dans les catégories de valorisation inférieures se trouvent la Sarine, le Gros-de-Vaud, la Broye, la Glâne-Veveyse et Yverdon-les-Bains (VD).

En ce qui concerne les surfaces commerciales, la concurrence acharnée s'intensifie. «Depuis l'an 2000, on a multiplié par deux les surfaces de vente, alors que la population a augmenté de 15%. Le rendement par m2 diminue, c'est inévitable», a observé l'économiste.

D'ici à 2020, dix nouveaux centres, totalisant près de 100 000 m2, pourraient ouvrir leurs portes. Les complexes qui ne répondent pas aux nouveaux besoins des consommateurs se retrouveront parmi les perdants. UBS s'attend à un recul de 3% des loyers commerciaux.


Lire aussi:

Publicité