Selon les résultats de la 10e édition du Swiss Institutional Survey, les participants au sondage - surtout de grandes ou très grandes institutions - privilégient indéniablement la gestion spécialisée par classes d'actifs au détriment de la gestion balancée (mixte), qui est l'apanage des seules petites caisses. En effet, les répondants qui placent leurs avoirs en recourant à la gestion spécialisée sont en moyenne 2,5 plus nombreux que ceux qui le font en utilisant la gestion mixte; la proportion est même de 9 contre 1 s'agissant des plus grandes caisses. Les motivations que les participants vont valoir pour ce choix sont la meilleure utilisation des compétences de gestion des gérants externes, la taille élevée des avoirs à investir, la meilleure compréhension des placements par l'institution, leur suivi et l'utilisation optimale des ressources disponibles chez les asset managers.

Les institutionnels qui recourent à la gestion indicielle (81% des répondants) sont presque aussi nombreux que ceux qui utilisent la gestion active (89%) - les deux formules pouvant être utilisées parallèlement. La diffusion de la gestion indicielle étonne par son ampleur, d'autant plus que les montants totaux gérés de la sorte ne sont que de peu inférieurs à ceux placés avec des techniques actives.

Pour les actions, les critères de structuration des placements les plus importants sont l'orientation régionale (Europe, Amériques, Asie, 72% des répondants), les placements réalisés dans les économies émergentes (61% des répondants) et les investissements dans les petites et moyennes entreprises (50% des répondants). Seuls 37% indiquent réaliser leurs placements sous une forme globale, alors que 25% appliquent des critères du développement durable. En matière d'obligations, le rating joue le rôle le plus important (71% des répondants), suivi des restrictions concernant les grandes devises internationales (70%). Le seul autre facteur significatif est celui de la nature des débiteurs (48%). Les obligations structurées (9%) et les produits structurés (16%) comme alternatives aux obligations sont rares.

Les liquidités sont gérées surtout à l'interne de l'institution (85% des répondants), de même que les placements immobiliers directs (64%). Pour les obligations en CHF, 2 formules recueillent le plus de suffrages, la gestion à l'interne (43%) et celle déléguée sous forme de mandats (52%). Les obligations en devises comme les actions suisses et étrangères sont tantôt gérées à l'interne, tantôt sous la forme de mandats et de single funds. Les fonds de fonds sont nettement privilégiés pour le private equity (70% des répondants) et surtout les hedge funds (80%), les single funds pour les placements immobiliers internationaux (66%) et les matières premières (57%).

Le nombre moyen de gérants externes aux services desquels les institutionnels recourent (mandats, fonds, etc.) dépend non seulement de la taille des avoirs - plus grande une institution et plus nombreux les gérants mandatés - mais également de la classe d'actifs concernée: pour les classes d'actifs réputées peu risquées le nombre est moindre que pour celles qui passent pour non traditionnelles et volatiles. S'agissant des placements mixtes, la moyenne s'établit à 3,5. Il est relativement bas aussi et inférieur à 3 pour les actifs domestiques: obligations en CHF (2,1), actions suisses (2,6), immobilier domestique (2,8). Il est en revanche plus élevé pour les actions étrangères (4,7) - qui présentent une grande gamme de possibilités - ainsi que pour les hedge funds (3,7) et le private equity (5,6), en dépit des montants modestes habituellement investis dans ces classes.

155 institutionnels (fondation de prévoyance du secteur privé et public, fondations communes et collectives, caisses maladie), totalisant une fortune de 239 milliards de francs et représentant env. 40% de la fortune du 2e pilier, ont pris part au sondage. La moyenne arithmétique des avoirs par participant s'élève à 1542 millions, la médiane à 480 millions. Les résultats sont surtout représentatifs de la situation des plus grandes caisses de pension (plus du tiers de l'échantillon), qui gèrent chacune une fortune supérieure à CHF 1 milliard.