«Avez-vous un bon plan de vacances au soleil à Noël pour non-vacciné (pas de quarantaine, pas de motif impérieux, etc.)?», «Est-il possible de partir en Amérique du Sud avec un transit aux USA pour des personnes non vaccinées?», «Des amis doivent aller en Allemagne mais ne sont pas vaccinés, que doivent-ils faire pour passer la frontière?»: ces questions alimentent régulièrement la page Facebook «Voyager au départ de la Suisse malgré les restrictions Covid-19», qui compte près de 3000 membres.

«Partir en vacances relève à l’heure actuelle du parcours du combattant, que l’on soit vacciné ou non, indique au Temps Sonja Laborde. La levée des quarantaines lors du retour en Suisse annoncée vendredi par le Conseil fédéral est en ce sens une bonne nouvelle.» La présidente de la Travel Professional Association (TPA) constate cependant que les agences de voyages recommandent généralement à leurs clients de passer par la case vaccin: «Deux écoles s’affrontent. Certaines ne traitent plus que les dossiers de personnes 2G (vaccinées ou guéries) tandis que d’autres font preuve de plus de souplesse.»

Le risque pour les agences est de se retrouver dans des situations compliquées. «Il est très important qu’elles informent leurs clients par écrit de toutes les dispositions à respecter dans le pays qu’ils souhaitent visiter. Si ces consignes ne sont pas suivies, ce n’est pas aux agences de couvrir d’éventuels frais d’annulation. Chacun est libre de faire ce qu’il veut, tant qu’il assume ses responsabilités.»

Pour ceux qui veulent éviter toute mesure sanitaire (vaccin, test PCR ou encore assurance spéciale), le choix des destinations est aujourd’hui réduit comme peau de chagrin. Selon le site internet de l’Association internationale du transport aérien (IATA), seuls trois pays sont actuellement accessibles depuis le monde entier sans aucune restriction: le Mexique, la Colombie et le Salvador.

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Des vacances sans contraintes à prix élevé

C’est au Mexique qu’est partie Isabelle Devènes mi-novembre, pour des vacances à deux. Cette Valaisanne non vaccinée, mais guérie du covid, «voulait faire un voyage sans contraintes, qui lui permette de vivre en toute liberté». Elle a donc contacté une agence de voyages en lui demandant ce qu’il était possible d’organiser en ce sens. «Cela offre une certaine sécurité. Avec les incertitudes actuelles, c’est compliqué de tout faire soi-même. On ne sait pas ce qui peut se passer.»

Et le voyage a répondu à ses attentes. «Nous sommes partis de Zurich avec un vol Swiss sans escale. Nous n’avons dû faire aucun test au départ, juste remplir un formulaire en arrivant à destination. Pour le retour en Suisse, un test PCR était nécessaire. Nous avons pu le faire à l’hôtel, c’était très bien organisé.» Isabelle Devènes avait été avertie par son agence qu’en cas de résultat positif menant à une quarantaine, la prolongation du séjour aurait été à ses frais. «Il y a quand même un côté aventure, on ne sait pas trop dans quoi on s’engage», relève-t-elle en concédant ne pas avoir lu l’ensemble des conditions du contrat.

Seule mauvaise surprise au final, le prix de cette liberté: «En une semaine, entre la première offre reçue et la réservation définitive, la facture a augmenté de 800 francs par personne. Cela m’a un peu choquée. Je pense que le Mexique est une destination actuellement très prisée, mais j’aurais refusé de partir dans un pays où il faut faire des tests tous les deux ou trois jours.»

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Risque d’annulation plus élevé pour les non-vaccinés

Un constat que confirme David Léchot, président du Groupement des agences de voyages fribourgeoises et patron d’Indalo Space: «La demande est forte sur pratiquement toutes les destinations long-courrier encore ouvertes. Mais surtout, le nombre de vols est globalement réduit et ils se remplissent très vite. Pour la période des Fêtes, tout est quasiment vendu depuis longtemps. Lorsqu’il reste des places, elles sont très chères.»

Le Mexique et la République dominicaine – pour laquelle un test n’est pas obligatoire depuis la Suisse mais peut être demandé à l’arrivée – ne sont pas les plus touchés par cette envolée des tarifs: «L’augmentation est d’environ 5% par rapport à la situation pré-covid. Pour l’île Maurice ou les Seychelles, des destinations également très prisées [moyennant un test PCR et quelques formalités administratives, mais pas de vaccin, ndlr], la hausse peut atteindre 15 à 20% pour la période des Fêtes.»

Autre exemple cité par David Léchot, Cuba, qui a rouvert ses frontières le 15 novembre après un an et demi de fermeture, là aussi sans exiger d’autres mesures qu’un test PCR: «Nous pensions que nous pourrions proposer cette destination à nos clients, vaccinés ou non. Mais les vols ont été pris d’assaut pour novembre et décembre et il ne reste plus rien. Il y a des expatriés qui veulent rentrer au pays pour voir leurs proches, des reports de réservation pour des vols qui ont été annulés précédemment, etc. De manière générale, la situation actuelle ne reflète pas la réalité du marché, et elle peut durer jusqu’au printemps, avec une incidence sur les prix.»

Plus que les agences, ce sont selon lui surtout les clients non vaccinés ou guéris qui prennent un risque en réservant des vacances à l’étranger: «Il n’y a pas vraiment de destination idéale. Les règles à suivre peuvent changer très rapidement. Si la vaccination devient obligatoire dans un pays deux semaines avant le voyage prévu, le client n’aura pas le temps de s’adapter et devra assumer les frais d’annulation. Il faut en avoir conscience au moment de la réservation.»

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