La crise qui affecte lourdement la mono-industrie de la mécanique jurassienne est un problème économique. Dû à la conjoncture mondiale, dû aussi aux erreurs de management des patrons, mégalomanes ou trop frileux. La crise est aussi politique. Parce que les pouvoirs publics font d'inéquitables exceptions dans leur stratégie de ne pas interférer dans les affaires économiques. A Moutier comme dans de nombreuses régions qui souffrent, les pilules Swissair et Swiss Dairy Food ne passent pas. La sensation d'inégalité de traitement et d'injustice n'est pas économique, elle est politique. Faudrait-il, pour rétablir l'équité, injecter de l'argent public dans toute entreprise en difficulté? La réponse est évidemment négative. Par contre, les pouvoirs publics ne peuvent continuer de dédaigner les régions périphériques et peu peuplées. Il en va de la pérennité de leur tissu social. Les Jurassiens ont raison de se révolter en constatant que l'argent de la Confédération et du canton de Berne est investi dans des entreprises privées, alors que, dans le même temps, faute de moyens, ces mêmes autorités diffèrent la réalisation de la Transjurane, outil pourtant jugé décisif par les promotions économiques pour favoriser l'émancipation de la région.