■ 15h20. Fait rare: un responsable du Syriza appelle à la reprise des négociations

Eurodéputé et cadre du Syriza, Kostas Chryssogonos a appelé lundi le gouvernement d’Alexis Tsipras à continuer la négociation, estimant qu’une rupture avec les créanciers «conduirait la Grèce à un programme d’austérité pire».

Ex-professeur de droit constitutionnel à l’Université de Thessalonique, Kostas Chryssogonos publie en fait une lettre adressée à M. Tsipras en mars, disant «vraiment regretter d’être obligé de la publier»: «Je n’ai eu aucune réponse après plus de trois mois.» C’est la première voix, au sein du parti au pouvoir d’Alexis Tsipras, qui conteste la décision du gouvernement d’interrompre les négociations avec les créanciers, UE et FMI en proclamant un referendum dimanche.

«La rupture avec les créanciers est un choix non réalisable (...), ce serait comme un prisonnier qui tente de s’évader et qui après avoir échoué termine à l’isolement», indique l’ancien professeur (avec AFP).

■ 13h15. Jean-Claude Juncker se sent «trahi»

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s’est dit lundi «affligé» et «trahi» par l’échec des négociations entre la Grèce et ses créanciers, estimant que ses «efforts» pour parvenir à un accord de dernière heure n’avaient pas été pris en compte.

«Je suis profondément affligé par le spectacle qu’a donné l’Europe samedi dernier (...) Après tous les efforts que j’ai déployés, je me sens trahi car mes efforts ont été insuffisamment pris en compte», a déclaré Jean-Claude Juncker devant la presse. (AFP)

■ 13h. Il n’y aura pas de nouvelle proposition de la Commission

Il règne comme une légère cacophonie au niveau de la Commission européenne. Dans la matinée, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a annoncé que Jean-Claude Juncker, président de la Commission, ferait de nouvelles propositions à midi (lire ci-dessous, 11h).

Vers 13h, le propos a été démenti par les services de Jean-Claude Juncker. «Aucune nouvelle proposition ne sera présentée» lundi, a tranché une porte-parole de la Commission européenne, Mina Andreeva (avec AFP).

■ 12h50. L’appel au compromis d’Angela Merkel

La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé lundi que l’échec de l’euro serait celui de l’Europe, appelant au «compromis» alors que le risque d’une sortie de la Grèce de la monnaie unique est redouté.

«Si l’euro échoue, l’Europe échoue», a déclaré la chancelière devant des représentants de son parti conservateur à Berlin, pour les 70 ans, dans sa première prise de parole publique après l’échec des négociations à Bruxelles entre la Grèce et ses créanciers. «Si nous perdons la capacité à trouver des compromis, alors l’Europe est perdue», a-t-elle dit. (AFP)

■ 12h20. La chancelière allemande tend la main à Alexis Tsipras

Son porte-parole a indiqué lundi en fin de matinée que la chancelière allemande Angela Merkel est «évidemment disposée» à une reprise des discussions avec son homologue grec Alexis Tsipras «s’il le souhaite». Dans le texte, «évidemment, elle reste disposée à reprendre les discussions avec le Premier ministre Alexis Tsipras s’il le souhaite», a dit Steffen Seibert lors d’un point de presse gouvernemental régulier.

■ 12h10. Un point boursier à 11h30

L’agence AFP a établi un petit bilan des marchés boursiers européens après leur chute du début de la matinée. Les baisses se sont un peu atténuées, sans que l’humeur ne soit au sourire. Vers 11h30, la Bourse de Francfort perdait 3,06%; Paris 3,18%; Londres 1,57%; Madrid 3,68%, et Milan 3,69%.

L’euro résistait à 1,1091 dollar, après être passé sous les 1,10 dollar dans les échanges asiatiques, contre 1,1160 dollar en fin de semaine dernière à New York.

Le marché de la dette était agité, mais sans excès. Le taux d’emprunt à 10 ans de la Grèce bondissait à 14,632%, au plus haut depuis fin 2012, contre 10,845% vendredi à la clôture.

Du côté de la Suisse, quelques minutes avant midi, le SMI était encore en baisse, de -1,18%.

■ 11h55. La Macédoine retire des dépôts

La Banque centrale de Macédoine a pris lundi des «mesures préventives» pour se protéger de l’instabilité financière qui menace la Grèce voisine, et demandé à ses banques de retirer les dépôts qu’elles détiennent dans des banques grecques.

«Ces mesures de protection ont un caractère temporaire et sont prises pour faire face à la menace d’une éventuelle sortie plus importante de capitaux de la Macédoine vers sa voisine septentrionale, […]», a indiqué la Banque centrale macédonienne dans un communiqué mis en ligne dimanche soir (à lire ici, en anglais). Ces mesures seront en vigueur pour une durée de six mois.

■ 11h45. La Bulgarie dit sa confiance

La banque centrale bulgare BNB a assuré lundi que le système financier du pays était à l’abri des secousses en Grèce voisine, où le gouvernement a décrété une fermeture des banques et un contrôle des capitaux. Cette assurance vaut aussi pour les quatre banques bulgares à capitaux grecs, souligne la BNB.

«Le système bancaire bulgare, y compris les banques à actionnaires grecs, est complètement autonome […] Il n’a pas de crédits à des institutions financières grecques, ni d’investissements en obligations d’Etat grecques», indique-t-elle dans un communiqué (en anglais sur cette page).

■ 11h20. François Hollande décline son interprétation du référendum

Le référendum convoqué pour dimanche, le 5 juillet, en Grèce relève du «choix souverain» d’Athènes mais il place le pays face à l’enjeu «fondamental» de son maintien ou non dans la zone euro, a estimé lundi le président français François Hollande.

«C’est le droit du peuple grec de dire ce qu’il veut pour son avenir. L’enjeu, il sera fondamental, c’est de savoir si les Grecs veulent rester dans la zone euro», ou «s’ils prennent le risque d’en sortir», a déclaré le chef de l’Etat français, qui réaffirme par ailleurs son souhait d’une reprise des négociations.

■ 11h. Jean-Claude Juncker «fera des propositions» dans une heure

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, «fera des propositions ce midi», a indiqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, sur les ondes de RTL. Il a estimé lundi qu’il subsistait encore «des marges pour la négociation» entre la Grèce et ses créanciers.

■ 10h20. Pour Eveline Widmer-Schlumpf, la crise est gérable, mais inquiétante

Le dossier grec inquiète la ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf. Cette situation met en grande difficulté non seulement l’industrie d’exportation mais aussi l’ensemble de l’économie suisse, a-t-elle déclaré lundi lors du Swiss International Finance Forum à Berne, intervention que résume l’ATS. On peut suivre ce forum, organisé par la NZZ, en direct sur son site.

Dans l’ensemble, les problèmes de la zone euro sont «gérables» et moins délicats que des événements antérieurs. Les pays qui ont déjà été en crise comme l’Espagne ou le Portugal sont aujourd’hui relativement stables et la Banque centrale européenne a renforcé son rôle, note la cheffe du Département fédéral des finances. Mais la situation reste préoccupante pour la Suisse.

Le résultat du référendum grec dira vers quoi l’on va. Quelle que soit l’issue, la Grèce devra toutefois œuvrer pendant des années pour récupérer ce qui n’a pas été résolu. La Suisse a tout intérêt à ce que l’euro se renforce, a-t-elle ajouté. Les politiques sont en contact étroit avec la BNS. Celle-ci est parée à toute éventualité et prendra les décisions nécessaires en temps voulu, selon la conseillère fédérale (à ce sujet, lire ci-dessous).

■ 10h15. La BNS est intervenue, selon Thomas Jordan

La Banque nationale suisse (BNS) est intervenue sur les marchés pour les stabiliser. C’est ce qu’a déclaré, sans grandes précisions, son président Thomas Jordan lundi lors du Swiss International Finance Forum à Berne, relayé par l’ATS.

■ Lire aussi notre article de ce matin: La BNS est intervenue durant la nuit pour empêcher une appréciation du franc.

■ 10h. La bourse d’Athènes fermée durant une semaine

La Bourse d’Athènes, qui n’a pas ouvert lundi, restera fermée jusqu’à lundi prochain inclus, comme les établissements bancaires du pays dont la réouverture est prévue au surlendemain du référendum sur les négociations avec les créanciers, a indiqué la Commission grecque des marchés de capitaux.

Selon un communiqué, le conseil d’administration de la Bourse d’Athènes réuni lundi «a décidé que le marché […] resterait fermé durant toute la durée de la vacance bancaire régie par l’arrêté législatif» publié dans la nuit de dimanche à lundi et officialisant la mise en place de différentes mesures de contrôle des capitaux en Grèce pour tenter de protéger le système bancaire national. (AFP)

■ 9h50. Le ministre italien de l’Economie relativise

Une augmentation de la «volatilité» sur les marchés financiers, plausible du fait de la situation en Grèce, ne serait pas particulièrement préoccupante, selon le ministre italien de l’Economie Pier Carlo Padoan, cité par l’AFP d’après une interview parue dans le Corriere della Sera lundi. Le ministre y assure que «l’Italie est à l’abri»: «Je ne serais pas étonné mais pas préoccupé plus que cela si la volatilité augmentait sur les marchés. La BCE a tous les instruments à disposition pour y faire face».

Selon lui, l’Italie est exposée en Grèce à hauteur de «10,2 milliards d’euros de prêts bilatéraux et de 27,2 milliards en contribution au Fonds [de secours européen]. Je démens qu’un défaut grec produirait une augmentation de la dette [italienne]. Tout est déjà comptabilisé».

■ 9h40. La valse des bourses

La crise de la dette grecque, qui entre dans sa semaine réellement décisive, a fait plonger les marchés ce lundi matin. La bourse suisse a plongé de 3,08% à l’ouverture, à 8729,47 points. Celle de Londres, de 2%; à Paris, la chute a atteint 4,7%; à Francfort, 4%, tandis que Shanghai baissait de 3,3%.

■ Pour toutes les informations boursières: lire notre synthèse en début de matinée, «Le Grexit fait trembler les marchés, vers un lundi noir en Europe»

■ 9h10. Un référendum, des banques fermées et des polémiques

Petit rappel du week-end, durant lequel ont été faites des annonces qui pèseront ces deux jours, avant le délai de fin du programme assistance, ce mardi 30: dans la nuit de samedi à dimanche, le premier ministre Alexis Tsipras a indiqué sa volonté d’organiser un référendum sur les principaux points des négociations avec les créanciers. Prévu dimanche prochain, 5 juillet, le vote portera les baisses des retraites, les hausses de TVA, sans qu’il soit fait mention d’une restructuration de la dette. Le gouvernement grec a d’ordre et déjà laissé entendre son souhait d’un «non» dans les urnes. Un tweet du premier ministre n’a d’ailleurs guère laissé d’ambiguïté:

L’idée de ce référendum a été bien accueillie par le parlement, mais elle ne va pas sans divisions dans le pays.

Lire aussi notre reportage à Athènes: Panique bancaire jusqu’à la Vouli.

Dimanche, le même gouvernement a décrété la fermeture des banques depuis ce lundi et durant une semaine, jusqu’au résultat du référendum, ainsi que l’instauration d’un contrôle des capitaux.

Pour aller plus loin, lire nos «sept questions de cette semaine».