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Magdalena Martullo-Blocher est la seule femme à diriger l'une des 50 plus grandes entreprises cotées de Suisse. 
© WALTER BIERI/Keystone

Carrières

Le directeur général type? Un homme de 53 ans, issu de la finance

Le cabinet de conseil Heidrick & Struggles a publié son étude annuelle sur les directeurs généraux des grandes entreprises, incluant la Suisse pour la première fois. Le pays diffère surtout dans l’origine multiple des patrons

Que doit faire une femme pour devenir directrice générale d’une grande entreprise en Suisse? «Etre un homme et avoir fait carrière dans la finance», a répondu Michael Oberwegner, associé et responsable pour l’Europe centrale et de l’Est de Heidrick & Struggles. Une boutade? A moitié, tant les résultats de l’étude «Route to the Top» sur les grands patrons qu’il présentait à la presse ce lundi à Zurich étaient parlants. Le groupe effectue cette recherche depuis plusieurs années, mais incluait la Suisse pour la première fois.

Etats-Unis, exemple en la matière

Il y a dans le pays 2% de femmes parmi les directeurs généraux des grandes entreprises cotées. Comme l’échantillon comptait 50 sociétés – les 50 plus importantes de l’indice boursier SMI Expanded –, le calcul est on ne peut plus simple: une femme et 49 hommes.

La comparaison internationale est peu flatteuse. L’Allemagne fait certes pire (1%), la France jeu égal, mais le Royaume-Uni un peu mieux (6%) et les Etats-Unis encore un peu mieux (8%), a expliqué le responsable du spécialiste américain du recrutement de hauts cadres et du conseil en management, présent dans le pays depuis vingt ans et qui collabore notamment avec le Forum économique mondial (WEF) pour sa sélection de jeunes talents (Young Global Leaders). Ajoutant qu’il regrettait cette faible proportion de femmes au plus haut niveau, Michael Oberwegner a souligné que les choses allaient changer, tant «les entreprises sont sous pression» sur cette question.

Au moins un master

De fait, en Suisse, le directeur général type est donc un homme, de 53 ans en moyenne, issu du sérail dans 60% des cas et, ce depuis environ douze ans, plutôt bien formé (91% d’entre eux ont au moins un master). Il y a plus d’une chance sur trois qu’il soit issu de la finance et il est étranger dans un cas sur deux.

Or, si les responsabilités sont globalement les mêmes, c’est sur ce point que les patrons des entreprises suisses diffèrent le plus des pays comparés: à l’exception du Royaume-Uni (40% des directeurs généraux ne sont pas des citoyens britanniques), la France (10%), les Etats-Unis (13%) et l’Allemagne (17%) misent surtout sur leurs propres ressortissants.

«Cela peut s’expliquer par l’environnement attractif de vie et de travail, le paysage politique stable, les excellentes infrastructures, un marché du travail limité et le pays d’origine de plusieurs acteurs clés d’industries variées», a tenté d’expliquer Michael Oberwegner. Les responsables suisses sont également en moyenne mieux formés et atteignent le sommet plus rapidement et plus jeunes qu’ailleurs.

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