«La décision prise aujourd'hui représente un premier pas, estime Dominique Biedermann, de la Fondation Ethos. Mais il faudra que la nouvelle direction soit contrôlée. Par ailleurs, je regrette que Swiss Life adopte toujours une attitude réactive et non proactive. La politique de communication pose de sérieux problèmes.» Swiss Life doit pourtant rassurer non seulement ses actionnaires, mais aussi ses collaborateurs et surtout ses clients. Environ un demi-million de personnes ont placé leur deuxième pilier auprès de l'assureur.

Un analyste d'une banque privée genevoise regrette pour sa part le manque de compétence de Rolf Dörig dans le domaine de l'assurance. L'association de défense des investisseurs suisses a salué l'éviction de Roland Chlapowski de la présidence de la direction. Ce départ ne peut néanmoins à lui seul restaurer la confiance dans Swiss Life. Elle aurait voulu que davantage de membres de la direction démissionnent. Hans-Jacob Heitz, son président, a en outre indiqué avoir déposé hier une plainte pénale contre Swiss Life. Pragmatique, Nick Holmes, responsable de l'analyse du secteur de l'assurance chez Lehman Brothers à Londres, rappelle que la stratégie de recentrage amorcée par Roland Chlapowski continue d'être pertinente. Il souligne également que son départ ne résout en rien les problèmes structurels que Swiss Life doit affronter. La faiblesse des fonds propres, de même que la rentabilité du groupe restent, selon lui, préoccupantes. Dans ce contexte, la direction doit rapidement faire ses preuves. La réussite de l'augmentation de capital s'avérera décisive pour la survie de l'assureur.