L'avenir du groupe Jan, propriétaire de garages et fabricant à une époque de vélos, n'est pas encore scellé. La direction actuelle du groupe vaudois a décidé en effet de recourir contre la décision rendue par le Tribunal d'arrondissement de Lausanne au mois de décembre (LT du 11.12.2003). A savoir le refus en première instance d'accorder un sursis concordataire aux sociétés Cilo Autos (vente de Alfa Romeo, Fiat, Lancia, Daewoo et Chrysler-Jeep) et Jan Autos (concession BMW). Le Tribunal d'arrondissement avait par ailleurs ordonné les faillites de Cilo et de Jan SA, après celle de Cilo Bikes Service prononcée en novembre.

Suite à cette décision de justice, la direction et les créanciers disposaient d'un droit de recours de 10 jours. Tenant compte des fêtes de fin d'année, la date butoir était fixée début janvier. Daniel Schwab, l'agent d'affaires de Charles-Elie Nicollerat, l'actuel directeur et propriétaire du groupe, a choisi d'utiliser cette possibilité. Il a déposé un recours en seconde instance auprès de la Chambre des poursuites et faillites du Tribunal cantonal vaudois. Le dépôt de ce recours, confirmé par la justice, concerne uniquement les décisions rendues à propos des sociétés Cilo Autos et Jan Autos. Le Tribunal cantonal devrait juger cette requête d'ici au courant février.

Sauver ce qui reste

Conjointement à cette demande, Daniel Schwab a sollicité une suspension des poursuites engagées contre le groupe. Cette requête lui a été refusée par le Tribunal cantonal. Les créanciers du groupe – à savoir la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), Fiat Auto et la Fondation de prévoyance du personnel – ont donc toujours la possibilité de requérir la mise en faillite du groupe. Ils disposent pour se faire jusqu'à la mi-janvier.

De son côté, Claude Jan s'active sur différents fronts pour sauver ce qui reste du groupe fondé en 1914 par son grand-père. Et cela, alors même que l'ex-PDG aujourd'hui exclu a revendu le groupe en 2002 pour un franc symbolique. Claude Jan est à l'origine d'une pétition déposée auprès de la justice et signée par une partie du personnel. Il multiplie également les démarches pour trouver un repreneur pour les garages. Cette reprise, pour l'heure hypothétique, se ferait assurément sans la direction actuelle du groupe, selon Claude Jan. Il n'est pas question de maintenir à son poste Charles-Elie Nicollerat, par ailleurs inculpé pour abus de confiance et gestion déloyale par la justice pénale. La pétition déposée atteste selon Claude Jan de la mésentente régnant entre la direction et la majeure partie des employés. Affaire à suivre.