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Le patron de Raiffeisen, Patrik Gisel, a exclu vendredi «toute démission en lien avec l’enquête qui touche mon prédécesseur Pierin Vincenz».
© WALTER BIERI / Keystone

Affaire Vincenz

La direction de Raiffeisen estime n’avoir rien à se reprocher

La banque a porté plainte contre son ancien patron, Pierin Vincenz, sur la base de nouveaux éléments identifiés par la justice. Raiffeisen avait enquêté dès 2016 sur les comportements qui lui sont reprochés, sans rien trouver de répréhensible

L’ombre de Pierin Vincenz a plané sur la conférence de presse de présentation des résultats annuels de Raiffeisen, vendredi. L’actualité judiciaire de son ancien patron a largement occulté le bénéfice record de 917,1 millions enregistré par le troisième groupe bancaire suisse en 2017. Mercredi, on apprenait coup sur coup l’ouverture d’une procédure pénale pour gestion déloyale contre l’ancien banquier star, qui a été placé en garde à vue mardi, et le dépôt d’une plainte contre lui par le groupe Raiffeisen lui-même. Questionnée sur ces points, la banque oscille entre le «no comment» et la surprise quant à la tournure prise par les événements.

Les clients font la différence entre d’un côté Pierin Vincenz et de l’autre leur succursale locale Raiffeisen

Gabriele Burn, directrice de Raiffeisen en Suisse romande

Officiellement, l’établissement assure que le «Vincenzgate» ne lui a pas occasionné de dégâts d’image. «Les clients font la différence entre d’un côté Pierin Vincenz et de l’autre leur succursale locale Raiffeisen», affirme la directrice du groupe en Suisse romande, Gabriele Burn, devant la presse romande, vendredi à Lausanne. Pour rappel, l’ancien directeur général de Raiffeisen aurait pris des participations dans des entreprises à titre personnel, sociétés dans lesquelles Raiffeisen aurait par la suite investi. «Je n’ai rien fait de mal», a-t-il déclaré mercredi, toujours présumé innocent.

Le groupe estime avoir fait dès 2016 son travail d’enquête sur les agissements reprochés à son ancien patron, parti de son poste en octobre 2015. A l’arrivée de son successeur Patrik Gisel, une étude d’avocats avait été mandatée pour analyser les comportements reprochés à l’ancien banquier star et évaluer la gouvernance du groupe. «Il n’a rien été trouvé de répréhensible, les transactions opérées par Pierin Vincenz ont été effectuées de manière correcte, elles avaient été validées par le réviseur», rappelle un porte-parole.

Des mesures ont-elles été prises suite à cette enquête interne? Oui, pour favoriser la transparence et réduire les risques de conflits d’intérêts, répondent en substance les intéressés, qui renvoient au rapport annuel 2017 – publié en avril prochain – pour davantage de précision.

Toujours sous enquête

Mercredi, la troisième banque du pays avait expliqué par communiqué qu’elle portait plainte contre son ancien patron sur la base de «nouveaux indices du Ministère public». Gabriele Burn n’a pas souhaité fournir de détails sur ces nouveaux éléments. Même chose sur l’enquête de la Finma contre Pierin Vincenz concernant d’éventuels conflits d’intérêts, ouverte en octobre dernier et refermée le 21 décembre sans décision finale, lorsque le financier de 62 ans a démissionné de toutes ses fonctions dans la finance. La banque elle-même reste sous enquête du gendarme des marchés, concernant sa gouvernance.

Vendredi matin à Zurich, Patrik Gisel, que la presse alémanique jugeait également menacé, a exclu «toute démission en lien avec l’enquête qui touche mon prédécesseur Pierin Vincenz», tout en se disant «ébranlé» par ces événements, rapporte l’agence ATS.

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