Boris Collardi, directeur général (CEO) du groupe bancaire Julius Baer de 2009 à 2017, se retrouve dans le collimateur de la justice. Le Ministère public zurichois s'est mis en action après avoir reçu une plainte pénale contre le financier et d'autres responsables de la banque.

«Sur la base d'une dénonciation anonyme en février, le Ministère public zurichois procède à une enquête préliminaire pour déterminer s'il existe des soupçons initiaux de faute pénale», a indiqué à AWP un porte-parole du parquet vendredi, confirmant une information du blog financier Inside Paradeplatz.

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Graves manquements dans la lutte anti-blanchiment

Sous la houlette de Boris Collardi, aujourd'hui associé-gérant de la banque privée genevoise Pictet, Julius Baer a connu une rapide expansion et a manifestement été en rapport avec des clients à la fortune suspecte.

Il y a quelques mois, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) avait épinglé le gestionnaire de fortune zurichois, chez qui elle avait constaté de graves manquements dans la lutte anti-blanchiment entre 2009 et début 2018, soit précisément pendant la durée du règne Collardi.

L'autorité de tutelle des banques avait laissé entendre qu'elle examinerait «dans une deuxième étape» l'opportunité d'entamer des procédures à l'encontre de personnes spécifiques.

Mercredi, Julius Baer avait confirmé l'ouverture à son encontre d'une procédure d'enquête approfondie (enforcement) signalée par la Neue Zürcher Zeitung. Selon le quotidien zurichois, l'organe de tutelle des banques cherche à déterminer si Julius Baer a enfreint les dispositions anti-blanchiment en prêtant service à un entrepreneur argentin.