Pétrole

Les dirigeants d’Addax sont libres, mais ne peuvent plus parler à leurs employés

Le directeur général et le directeur juridique du groupe pétrolier basé à Genève avaient été interpellés fin mars dans le cadre d’une affaire de corruption présumée. Ils sont sortis de prison ces derniers jours

La direction d’Addax Petroleum ne dort plus dans la prison de Champ-Dollon (GE). Zhang Yi, directeur général du groupe pétrolier basé à Genève, ainsi que Guus Klusener, directeur juridique, ont tous deux obtenu – respectivement mardi et vendredi – une libération provisoire après quelque trois semaines d’incarcération, a révélé mercredi Bloomberg.

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Les deux hommes sont soupçonnés par le parquet genevois de corruption d’agents publics étrangers et de gestion déloyale. Ils avaient été arrêtés le 20 mars lors d’une perquisition de la police dans les bureaux genevois du groupe racheté en 2009 par le raffineur chinois Sinopec, avait révélé «Le Temps».

Un trou de 100 millions

L’affaire a débuté à la fin de 2016 après la rupture des relations entre Addax Petroleum et son auditeur Deloitte. En cause: un trou de 100 millions de dollars dans sa comptabilité, lié à deux paiements jugés douteux pour des frais d’avocats et des travaux d’ingénierie au Nigeria.

Tant Zhang Yi que Guus Klusener ont fait savoir – par le biais de leurs avocats – qu’ils contestent les charges qui pèsent contre eux. Les deux prévenus ont dû verser une caution en échange de leur libération et se sont vus confisquer leur passeport par les autorités genevoises.

Dans un courriel interne, la direction par intérim d’Addax a fait savoir aux employés que les deux hommes ont l’interdiction de parler de l’enquête avec leurs anciens subordonnés. C’est l’une des conditions de leur libération. De leur côté, les employés se sont vus interdire d’entamer la moindre discussion avec les deux dirigeants, actuellement suspendus, mais dont le sort définitif au sein de la compagnie sera tranché plus tard. Sans doute, vu le caractère sensible de l’affaire, directement à Pékin.

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