En 2005, les rémunérations des dirigeants des cent plus grandes capitalisations boursières suisses ont augmenté significativement. C'est ce qui ressort de la première étude présentée jeudi à Zurich sur ce sujet par la fondation genevoise Ethos. Le montant moyen touché l'an dernier par les membres exécutifs du conseil d'administration et de la direction générale atteint 2,2 millions de francs, soit 7,6% de plus qu'en 2004. Ainsi, 693 personnes se sont partagé une escarcelle de 1,5 milliard de francs. Quant à la rémunération moyenne des membres non exécutifs, elle atteint 232000 francs, ce qui représente une hausse de 9,9%.

L'ampleur de la hausse n'a pas été uniforme pour toutes les sociétés. La progression des rémunérations a été plus forte pour les petites sociétés, comparativement aux poids lourds du SMI. Dans le cas des premières, elle a atteint 30,1%, contre 4,1% pour les «Blue Chips». «Il subsiste encore un grand écart entre les rémunérations en fonction de la taille des entreprises. Un effet de rattrapage a peut-être eu lieu, compte tenu des performances boursières plus élevées pour les petites sociétés que pour les grandes. De plus, certaines firmes comme Barry Callebaut et Arbonia Forster ont influencé les résultats avec des valeurs extrêmes», interprète Vincent Kaufmann, coauteur de l'étude.

Parmi les rémunérations les plus élevées, Credit Suisse tient le haut du pavé. En moyenne, les membres exécutifs du conseil d'administration et de la direction de la deuxième banque helvétique ont touché 32 millions de francs en 2005. «Oswald Grübel [ndlr.: patron de Credit Suisse] a gagné davantage que cette somme», commente Dominique Biedermann, directeur d'Ethos. De son côté, Credit Suisse conteste la moyenne calculée par Ethos et avance 17 millions. Malgré cela, UBS (18 millions) et Roche (10 millions), avec Credit Suisse, forment le trio de tête.

Le bonus s'impose

Par rapport aux plus petites sociétés, l'écart de salaires peut s'avérer énorme. La plus basse rémunération d'un membre exécutif concerne Ypsomed. Elle atteint en moyenne 266000 francs, soit un facteur de 1 sur 120 par rapport à Credit Suisse.

Autre résultat frappant de l'étude: 99 sociétés sur 100 ont versé un bonus en 2005. Plus de la moitié a offert des actions, un peu moins de 50% des options et 23% les deux. Concernant les membres exécutifs, quatorze sociétés sur cent ont versé une rémunération totale exclusivement en espèces. Douze d'entre elles ne font ni partie du SMI ni de l'indice SMIM des petites et moyennes capitalisations boursières.