Le sort du directeur général de Swiss Life, Roland Chlapowski, ainsi que du reste de la direction de l'assureur a dû être connu ce matin. Un communiqué indiquant les mesures prises par le conseil d'administration de Swiss Life devait être rendu public ce matin à 7h, a indiqué au Temps une personne ayant suivi de près la séance exceptionnelle qui s'est tenue hier soir au siège de l'assureur. Cette dernière n'aura pas duré plus d'une heure.

Hier matin, le président du conseil d'administration de Swiss Life, Andres Leuenberger, a adressé une lettre à l'ensemble des collaborateurs du groupe. Il leur demande de soutenir leur entreprise et indique qu'il fera tout son possible pour restaurer la confiance dans leur société. La tâche s'annonce titanesque. D'autant plus que le groupe doit mener à bien une augmentation de capital d'un montant compris entre 900 millions et 1,2 milliard de francs, et que les investisseurs institutionnels annoncent ouvertement leur défiance vis-à-vis de la direction de l'assureur. Le Wall Street Journal Europe relevait hier soir sur son site leurs inquiétudes à l'égard de cette opération. Il citait notamment les propos sévères de Robert Scholl, directeur de la caisse de pension argovienne: «Je pourrais peut-être à nouveau investir dans Swiss Life, mais seulement si Roland Chlapowski quitte l'entreprise.» D'autres investisseurs institutionnels indiquaient en outre vouloir se défaire des titres en leur possession. Cité par Bloomberg, un banquier zurichois estime que l'affaire LTS a créé plus de mal à Swiss Life que ses erreurs comptables. L'annonce de la possible démission du directeur général de Swiss Life a d'ailleurs provoqué hier l'appréciation du cours de l'action de 8,3%.

Joint par le quotidien anglo-saxon, le directeur financier de l'assureur, Bruno Pfister, restait cependant confiant dans la bonne conduite de l'augmentation de capital. Un analyste zurichois, qui suit de près le titre Swiss Life, considère lui aussi que l'opération sera remplie car de nombreuses caisses publiques ont souscrit l'augmentation. Elles ne peuvent politiquement pas se désengager. Par ailleurs, le départ de Roland Chlaposwki ne résoudrait pas tout, même si à court terme cette décision profiterait au cours de l'action. Selon cet analyste, il faut, d'une part, lui trouver un remplaçant crédible, ce qui ne sera pas chose facile. D'autre part, le conseil d'administration, dont certains membres siègent depuis de nombreuses années, doit lui aussi assumer ses responsabilités. Une recomposition en profondeur de l'ensemble de la direction de Swiss Life pourrait donc restaurer la confiance perdue.

La démission de la direction ne contenterait toutefois pas tout le monde. En particulier les petits actionnaires. Ces derniers, représentés notamment par l'Association de protection des investisseurs, appellent aussi au remboursement des plus values réalisées par les membres de la direction grâce à la société. Ils risquent pourtant d'en rester pour leurs frais. Interrogé vendredi dernier par Le Temps, Roland Chlapowski avait déclaré s'opposer au remboursement de tout ou partie de ces gains (3,2 millions de francs). Il a depuis refusé de répondre à nos questions.