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La Chine doit devenir un pays «modérément prospère» d’ici à 2035, c’est-à-dire avec une croissance de 6,5% par an et un doublement du PIB par habitant entre 2010 et 2020, a affirmé mercredi le président chinois Xi Jinping, en ouverture du 19e…
© Lintao Zhang

Chine

Le discours de Xi Jinping: une économie de marché dirigée par l'Etat, made in China

Le Congrès du Parti communiste chinois s’est ouvert ce mercredi. Dans un long discours, Xi Jinping a détaillé une série de réformes dirigistes destinées à poursuivre la croissance économique du pays

Si le premier mandat de Xi Jinping a été dominé par la politique, le second risque de l’être par l’économie. Dans un discours de plus de trois heures prononcé mercredi matin à l’ouverture du 19e Congrès du Parti communiste, le président chinois a énoncé ses priorités pour les cinq années à venir. «Notre pays a atteint une période cruciale dans son développement», a-t-il dit devant les 2300 délégués réunis dans le palais de l’Assemblée du Peuple, à deux pas de la place Tiananmen. «L’avenir apparaît extrêmement radieux; les défis auxquels nous faisons face sont aussi très sombres.»

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La Chine a accompli d’énormes progrès ces cinq dernières années, mais elle reste «le plus grand pays en voie de développement», a-t-il poursuivi. Pour lui permettre de poursuivre sa croissance, le président a promis de laisser les forces du marché jouer un rôle plus important dans l’économie. Il a notamment assuré qu’il allait prendre des mesures pour faciliter les investissements étrangers dans le domaine des services et favoriser les fusions et acquisitions des entreprises d’Etat sclérosées, appelées SOE’s.

Surcapacités de l’industrie

«Xi Jinping va devoir réformer ces firmes s’il veut rendre l’économie chinoise plus compétitive et régler les problèmes de surcapacités dans l’industrie lourde», note Louis Kuijs, un expert de l’économie chinoise chez Oxford Economics. Une bonne partie de ces SOE’s sont surendettées, peu profitables et produisent des tonnes d’acier ou de ciment que le marché peine à absorber. Mais la perte d’emplois que leur fermeture impliquerait – et l’instabilité sociale qui en résulterait – risque de freiner le président dans son élan.

La Chine est le plus grand pays en voie de développement

Xi Jinping

Dans son discours, il a également promis de s’atteler à la réforme du système financier et au risque systémique qu’il pose. Il doit en effet rapidement trouver une solution à la pile de dettes qui menace d’étouffer le pays. «Pour l’heure, la priorité a été donnée à la croissance du PIB, au détriment de l’endettement, mais ce n’est pas une stratégie durable», souligne Louis Kuijs. Le FMI estime que l’endettement public et privé atteindra 300% du PIB d’ici 2022. Pour y remédier, le gouvernement devra se fixer des objectifs de croissance un peu moins ambitieux, selon l’expert.

La surveillance du système financier devra également être améliorée, afin d’éviter que ne se reproduise une crise boursière comme celle de l’été 2015, qui avait fait perdre 3 billions de yuans (445 milliards de francs) à l’Etat, dévalué la monnaie et débouché sur une vaste fuite des capitaux. Une nouvelle instance, créée en juillet pour superviser et coordonner la politique financière, monétaire et fiscale du pays, devrait y contribuer.

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«Socialisme avec des traits chinois»

Reste que la Chine ne va pas se transformer en économie de marché de sitôt. «Xi Jinping privilégie une approche top-down, qui fait la part belle aux décrets de l’Etat et aux SOE’s», dit Louis Kuijs. C’est le gouvernement qui décide quelle entreprise doit couper sa production ou quelles firmes doivent fusionner. Il a récemment annoncé qu’il allait prendre des participations dans les grandes entreprises technologiques privées, comme Tencent.

Mercredi, Xi Jinping a détaillé sa vision du développement de son pays: «Un socialisme avec des traits chinois.» Il s’agit, a-t-il dit, de faire de l’Empire du Milieu un Etat «modérément prospère» d’ici 2035. Un objectif qu’il a auparavant défini comme le maintien d’une croissance de 6,5% par an, avec un doublement du PIB par habitant entre 2010 et 2020. D’ici à 2050, la Chine devra devenir un pays «prospère, fort et démocratique», a-t-il poursuivi.

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«Pékin ne cherche pas à imiter le capitalisme à l’occidentale, relève Louis Kuijs. Il veut créer son propre modèle. Celui-ci comprendra certes des réformes visant à introduire une dose d’économie de marché, mais ces ajustements seront toujours subordonnés à l’objectif ultime de Xi Jinping: la préservation du parti.»

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