Entreprise

Disney a du mal à digérer 21 Century Fox

Le groupe américain a affiché des résultats décevants au troisième trimestre malgré une série de succès retentissants dans les salles, dont «Avengers: Endgame», le film aux plus grosses recettes de l'histoire du cinéma

Disney a reconnu mardi avoir du mal à digérer sa méga-acquisition de 21 Century Fox mais s'enflamme pour le lancement en novembre de sa plateforme de streaming Disney+ pour chasser sur les terres de Netflix.

Lors du troisième trimestre, qui s'est terminé en juin, Disney a affiché des résultats décevants malgré une série de succès retentissants dans les salles. Le bénéfice net de Disney a atteint 1,437 milliard de dollars en baisse de 51%. Le chiffre d'affaires en hausse de 33% à 20,245 milliards de dollars, tout comme le bénéfice par action ressorti à 1,35 dollar, a déçu Wall Street.

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De fait 21 Century Fox (21 CF) acheté en décembre 2017 pour 71 milliards de dollars, a eu un impact négatif sur le bénéfice par action deux fois plus important que prévu à cause du studio de cinéma et de la chaîne de sport Star en Asie. A lui seul le studio a perdu 170 millions de dollars au troisième trimestre à cause du flop de Dark Phoenix, la dernière itération de X-Men. Les trois derniers mois de l'exercice devraient aussi être affectés.

Les investisseurs n'ont pas apprécié et l'action Disney reculait de presque 3,54 à 0 h 30 (heure en Suisse) lors des transactions électroniques suivant la séance officielle.

Disney+ pour concurrencer Netflix

Bob Iger, le PDG du groupe a reconnu que les performances du studio étaient «bien en deçà de ce qu'il avait réalisé par le passé et très en deçà de ce que nous espérions quand nous avons fait l'acquisition», lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers. Pour lui, la très longue période entre l'annonce de l'acquisition et l'intégration finale au printemps 2019 a joué un rôle essentiel dans «une activité qui requiert des décisions et une attention aux détails constantes».

«J'ai confiance que nous arriverons à redresser la situation (...) et vous verrez les résultats dans deux ans.»

Disney prévoit toujours le lancement le 12 novembre, de Disney+, sa plateforme de streaming qui doit concurrencer directement le géant du secteur: Netflix. L'offre pour un public plus adulte sera elle sur la plateforme de diffusion vidéo Hulu, dont Disney a pris le contrôle opérationnel et dont il détient 60% des parts. «Disney+ va devenir le service de streaming exclusif de notre vaste vidéothèque de films et de séries TV, de tout le contenu National Geographic, de tous les films Disney, Pixar, Marvel et Star Wars à venir et une foule de programmes originaux de qualité (...)», a affirmé Bob Iger.

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La promotion de la nouvelle plateforme va commencer au mois d'août et pour rendre l'offre plus attractive, Bob Iger a annoncé que le groupe allait proposer une offre groupée comprenant Disney+, ESPN (les chaînes de sport) et Hulu pour 12,99 dollars par mois. Disney+ tout seul sera proposé à 6,99 dollars, là ou Netflix débute à 9 dollars et jusqu'à 16 dollars.

De gros succès dans les salles

Le patron de Disney a souligné à quel point ce lancement se présentait sous de bons auspices, le groupe alignant les blockbusters: Avenger: Endgame, Toy Story 4, Aladdin, le Roi Lion ainsi que Captain Marvel, qui pourront tous être visionnés sur Disney+.

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Depuis le début de l'exercice, les studios sous la houlette de Mickey ont engrangé 8 milliards de dollars «un record pour le secteur», a déclaré Bob Iger et d'ici la fin de l'année, Disney va encore proposer en salles deux titres assurés d'attirer les foules: La Reine des Neiges 2 et Star Wars: The Rise of Skywalker.

Au troisième trimestre, les studios de cinéma de Disney ont engrangé un chiffre d'affaires de 3,8 milliards de dollars, en hausse de 33%, et un bénéfice opérationnel de 792 millions de dollars, en hausse de 13%.

La fréquentation du parc de Hongkong impactée par les manifestations

Les manifestations parfois violentes qui se déroulent à Hongkong depuis maintenant deux mois en défiance du régime communiste de Pékin pèsent sur la fréquentation du parc Disney, a reconnu Bob Iger.

«Vous en sentirez les effets dans les résultats du trimestre en cours (...) elles ont provoqué des perturbations qui ont réduit le nombre de visiteurs», a-t-il expliqué, précisant toutefois que le parc Disneyland de Shanghai n'avait pas été plus affecté par cela que par les tensions commerciales très vives entre Pékin et Washington.

Les parcs d'attractions aux Etats-Unis ont vu leur fréquentation baisser alors que Disneyland Paris a aidé le groupe à engranger un bénéfice opérationnel en hausse de 4% à 1,7 milliard de dollars pour un chiffre d'affaires de 6,6 milliards de dollars (+7%).

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