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Amazon Web services détient plus de 30% du marché mondial du «cloud computing» et représente 10% du chiffre d'affaires de la multinationale – il s'agit aussi de sa principale source de profits.
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Technologie

Comment la division cloud d’Amazon conquiert le monde

Amazon Web Services écrase la concurrence avec ses services cloud utilisés par un million de clients, dont Novartis. Rencontre à Zurich avec l’un de ses responsables, qui évoque la présence en Suisse de la multinationale

C’est la machine de guerre d’Amazon. Beaucoup moins connue que son service d’e-commerce, la division cloud (informatique en nuage) du géant américain est pourtant à la base de son succès. Amazon Web Services (AWS), ce sont aujourd’hui des immenses centres de données sur tous les continents, faisant tourner les services de la multinationale, mais aussi ceux de plusieurs millions de clients. Novartis, Netflix, le FC Barcelone ou encore Swisstopo – l’Office fédéral de la topographie en Suisse – sont clients d’AWS, tant pour le stockage de données que pour leur traitement.

Jeudi, Glenn Gore, responsable de l’architecture pour AWS, était de passage à Zurich à l’occasion du World Web Forum. L’occasion de faire un coup de projecteur sur cette filiale peu médiatisée en rencontrant cet Australien arborant un t-shirt bardé des personnages du jeu vidéo Space Invaders.

Une croissance qui n'est pas prêt de ralentir

AWS est aujourd’hui dominateur sur le marché du cloud. La société de recherche Gartner estime que la division d’Amazon détient 44,2% de ce marché, loin devant les 7,1% de Microsoft, les 3% d’Alibaba et les 2,3% de Google. «Nous avons eu la chance de nous lancer très tôt sur ce marché, en 2006 déjà, explique Glenn Gore. Le fondateur Jeff Bezos a tout de suite compris l’importance de posséder notre propre infrastructure informatique. Et nous l’avons ensuite mise à disposition de centaines de milliers de clients: des entreprises, mais aussi des particuliers.»

AWS, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 4,6 milliards de dollars au troisième trimestre 2017 – une progression de 42% sur un an – représente déjà plus de 10% du chiffre d’affaires d’Amazon. Cette croissance n’est pas près de ralentir. «Rendez-vous compte, le soir, la vidéo en ligne consomme à elle seule deux tiers de la bande passante totale aux Etats-Unis, poursuit Glenn Gore. Le cloud, ce n’est pas seulement du stockage de données. Rien qu’en 2017, nous avons lancé plus de 1400 mises à jour de nos services pour nos clients. Et nous voulons sans cesse innover.» AWS propose ainsi des services de reconnaissance d’image, de commande vocale, de traduction de texte en voix, mais aussi des chatbots – des agents conversationnels autonomes.

Lire aussi: Leader mondial du cloud, Amazon ne ralentit pas

L’exemple de Novartis

Pour Glenn Gore, les besoins en puissance de calcul à distance vont augmenter de manière exponentielle. «Prenez Novartis. La société a réussi, grâce à nos services cloud, à mobiliser 87 000 cœurs informatiques pour réaliser une étude en seulement 9 heures, pour un coût de 4200 dollars. En n'utilisant qu'un seul serveur, il aurait fallu 39 ans à Novartis pour parvenir à des résultats. La détection de cancers via des services cloud est aussi extrêmement performante.»

L’avenir passera-t-il par des centres de données de plus en plus gros et nombreux? «A priori oui, nous ne cessons d’en ouvrir de nouveaux, répond le responsable. Et nous faisons en sorte d’être de plus en plus proches de nos clients.» AWS vient ainsi d’ouvrir une nouvelle infrastructure dans la région parisienne. «Nos clients peuvent décider s’ils veulent que leurs données soient stockées et traitées dans tel pays ou telle région», poursuit Glenn Gore.

Lire aussi: Le cloud, première source de profits d’Amazon

Présence en Suisse

Et si un pays comme la Suisse en venait à imposer à certaines de ses entreprises de stocker leurs données à l’intérieur de ses frontières? «Nous n’avons pas de plan pour construire un centre de données en Suisse, répond Glenn Gore. Mais une entreprise peut très bien stocker ses données en interne et utiliser nos services pour faire tourner tous ses logiciels, ses applications et le système de traitement de données.»

AWS possède des bureaux à Genève et à Zurich, sans que la société ne donne davantage de détails. Un centre existe aussi en Suisse – sans que l’on sache où – pour stocker «en cache» certains contenus – sans doute vidéo – pour éviter des temps de latence trop importants pour les internautes.

AWS est trop éloigné de ses clients suisses pour être une véritable alternative aux centres de données suisses, disent souvent des responsables de datacenters locaux. «C’est faux, répond Glenn Gore. Nous avons un service clients efficace et des partenaires locaux, tels Swisscom, qui sont extrêmement proches de nos clients.»

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