■ 18h20: Ce que l’on peut résumer en cette fin de journée

Une certaine confusion règne autour du cas grec en cette fin d’après-midi. Dans la journée, le gouvernement d’Athènes a confirmé qu’il ne paiera pas les 1,6 milliards d’euros qu’il devait rembourser au Fonds monétaire internationale. L’échéance était fixée à ce mardi soir.

La Commission européenne a indiqué que par la voix de son président Jean-Claude Juncker, elle a fait une contre-proposition lundi soir à Alexis Tsipras. L’offre impliquerait notamment le soutien du gouvernement au programme mis en votation par référendum dimanche prochain. Or, pendant la journée, des membres du gouvernement ont réitéré leur inclination envers le «non».

Dans l’après-midi, le bureau d’Alexis Tsipras a fait savoir qu’il adressait une nouvelle demande d’aide à l’UE (lire la lettre, en PDF). L’annonce a désorienté les créanciers. La requête porterait sur un appui financier nouveau, durant deux ans, ainsi qu’un rééchelonnement de la dette. Ceci se ferait toutefois dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité, pas du FMI.

L’Eurogroupe doit discuter de ce nouveau mouvement d’Athènes sur l’échiquier à 19h. Cependant, Angela Merkel refuse d’entrer en matière, renvoyant au plan proposé samedi dernier, celui que le gouvernement grec a choisi de soumettre aux urnes.

17h30: Angela Merkel ne veut pas discuter de l’offre grecque

La situation se complique encore un peu. Selon une source de l’AFP, un parlementaire allemand Angela Merkel a fait savoir à des députés de son parti que l’Allemagne n’était pas prête à discuter d’une nouvelle demande d’aide d’Athènes avant la tenue du référendum de dimanche. «Avant le référendum, côté allemand nous ne pouvons pas discuter d’une nouvelle demande d’aide», a dit la chancelière devant le groupe CDU/CSU du Bundestag (avec AFP).

■ 17h00: Téléconférence de l’Eurogroupe agendée pour ce soir ce soir

Les ministres des Finances de la zone euro vont s’entretenir par téléphone mardi soir pour discuter de la demande par la Grèce d’un programme d’aide sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers tout en restructurant sa dette, a indiqué le patron de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

«Téléconférence extraordinaire de l’Eurogroupe à 19h, heure de Bruxelles, pour discuter de la demande d’aide officielle faite par le gouvernement grec et reçue cet après-midi», a indiqué Jeroen Dijsselbloem (AFP).

■ 16h05: La Grèce propose un accord sur deux ans, et une restructuration de la dette

La Grèce a proposé mardi à ses créanciers de conclure avec le Mécanisme européen de stabilité (MES) un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers tout en restructurant sa dette, a indiqué le bureau du Premier ministre Alexis Tsipras.

Dans un communiqué intitulé «requête au MES», le gouvernement explique «rester à la table des négociations» en dépit de l’organisation dimanche d’un référendum sur les discussions avec les créanciers et avoir «proposé aujourd’hui» un accord au MES sur deux ans «pour la couverture complète de ses besoins financiers et la restructuration de la dette».

15h30: Alexis Tsipras étudierait une ultime offre

Sous une pression croissante, et dans l’idée que la situation soit éclaircie avant la fermeture des banques, Alexis Tsipras étudierait l’offre de Jean-Claude Juncker, affirment des sources du journal en ligne (en anglais) Kathimerini. Le bureau du premier ministre grec aurait informé la Commission qu’il se penche sur la proposition. Rappelons qu’un certain flou règne à ce sujet, Angela Merkel ayant déclaré ne rien savoir d’une offre en dehors de celle de samedi dernier (lire ci-dessous).

■ 14h45: Angela Merkel dit ne rien savoir d’une nouvelle offre

Les leaders européens ont à nouveau affiché une certaine confusion ce mardi en début d’après-midi. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré tout ignorer d’une nouvelle proposition européenne qui aurait été faite à la Grèce pour débloquer un accord de dernière minute: «La dernière offre de la Commission que je connais est celle de vendredi dernier et je ne peux rien dire de plus», a-t-elle affirmé, citée par l’AFP.

Peu avant, un porte-parole de la Commission a confirmé qu’une offre «de dernière minute» avait été faite par Jean-Claude Juncker à Alexis Tsipras, lundi soir.

Dans la journée de lundi, une pareille cacophonie a régné un temps, le commissaire Pierre Moscovici ayant assuré qu’une offre allait être faite, avant que la Commission ne démente.

■ 13h30: Un point boursier, l’espoir revivifie les marchés

L’AFP a fait un pointage à mi-journée: les bourses se montrent presque rieuses à l’annonce de l’hypothèse d’un accord in extremis. Celle de Paris était à l’équilibre (+ 0,03%), tout comme celle de Francfort (+ 0,03%), Milan gagnait 0,72%, Madrid 0,48%. Londres restait en léger recul de 0,42%. Après un léger passage dans le noir, le SMI perdait 0,21% à 13h30.

■ 13h20: Pas de paiement ce mardi

Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances, confirme que la Grèce ne paiera pas mardi son échéance de 1,6 milliard d’euros au FMI.

L’AFP raconte: «Le ministre, attendu par les médias à l’entrée de son ministère, s’est vu demander si le paiement aurait lieu. «Non», a-t-il laconiquement répondu avant d’aller à son bureau.»

■ 13h15: La Commission confirme qu’il y a eu contact entre Jean-Claude Juncker et Alexis Tsipras

Porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas a confirmé à l’AFP qu’il y a bien eu contact lundi soir entre Jean-Claude Juncker et Alexis Tsipras, à l’initiative de ce dernier, a ajouté le porte-parole. Le gouvernement grec devrait s’engager à faire campagne pour le oui au référendum. «Des contacts sont en cours» entre Athènes et Bruxelles.

Une source européenne indique qu’une réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro, l’Eurogroupe, pourrait être convoquée «pour adopter une déclaration sur la base des lignes déjà expliquées à M. Tsipras».

■ 13h00: Financement participatif, déjà 45 000 euros pour la Grèce, il ne manque plus que 1 599 955 000 euros

Un jeune Britannique a recueilli mardi 31 000 euros grâce à une opération de financement participatif, ou crowfunding, lancée dans l’espoir de rassembler 1,6 milliard d’euros pour sauver la Grèce du défaut de paiement au FMI, raconte l’AFP.

Thom Feeney, un Londonien de 29 ans qui travaille dans une boutique de chaussures à Covent Garden, encourage chaque Européen à contribuer: «1,6 milliard d’euros, c’est ce dont les Grecs ont besoin. Cela semble beaucoup mais c’est seulement 3 euros par Européen soit le montant d’une demi-pinte de bière à Londres ou celui d’une salade feta-olives», souligne-t-il sur le site spécialisé d’Indiegogo.

A cette heure, près de 2000 personnes avaient répondu à son appel, rassemblant donc quelque 45 000 euros. Pour contribuer, c’est ici.

Lire aussi: notre article de ce jour sur cette démarche.

■ 12h20: Jean-Claude Juncker a fait une offre lundi à Alexis Tsipras

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a proposé lundi au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, une solution «de dernière minute» susceptible de débloquer un accord sur le renflouement du pays, a appris mardi l’AFP d’une source au sein de la Commission.

Dans une conversation téléphonique, Jean-Claude Juncker a expliqué «les contours d’une solution de dernière minute», a ajouté cette même source. L’idée est qu’Alexis Tspiras accepte le dernier plan des créanciers daté de samedi, et s’engage à appeler les Grecs à avaliser ce texte lors du référendum prévu dimanche prochain, ce qui permettrait la tenue d’ici là d’un Eurogroupe, a-t-on précisé.

S’exprimant devant les médias lundi, Jean-Claude Juncker s’était montré sévère, se disant «affligé» et «trahi» par l’échec des négociations entre la Grèce et ses créanciers (avec AFP).

■ 12h10: Le président du gouvernement espagnol espère un changement de gouvernement en Grèce

La victoire du oui au référendum serait bonne pour la Grèce parce qu’elle permettrait à ses créanciers de négocier avec un nouveau gouvernement, a estimé mardi le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

«Si le référendum a lieu et si (le Premier ministre grec Alexis) Tsipras le perd, ce sera une bonne chose pour la Grèce car les Grecs auront dit oui, nous voulons rester dans l’euro, et on pourra négocier avec un autre gouvernement», a déclaré le dirigeant conservateur dans une interview radiodiffusée. (AFP)

■ 11h00: Joseph E. Stiglitz sait ce qu’il voterait lors du référendum

Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances, s’est trouvé un allié de poids dans la campagne pour le «non» au référendum de dimanche: l’économiste et prix Nobel Joseph E. Stiglitz.

Dans un texte publié par le Guardian, le professeur admet que la question posée aux Grecs est «difficile». Mais en votant «non», le pays, «avec sa puissante tradition démocratique, peut reprendre sa destinée en mains».

Lire la tribune de Joseph E. Stiglitz (en anglais).

10h30: Il est des analystes financiers qui croient à une reprise des discussions

Cités par l’AFP, les analystes de la société de courtage Aurel BGC tentent d’expliquer le relatif calme de ce mardi matin sur le front boursier: «Les Bourses mondiales ont plongé, les actions, les obligations, le pétrole et l’euro, mais le stress des investisseurs ne s’est pas transformé en panique. Le CAC 40 a signé sa plus forte baisse depuis 3 ans et demi, mais l’indice a simplement effacé ses gains de la semaine dernière.»

Selon Aurel BGC,»les mouvements auraient été beaucoup plus violents si les investisseurs n’étaient pas convaincus que les discussions pouvaient reprendre. Le risque de contagion semble, pour l’instant, limité.»

■ 10h10: Alexis Tsipras, gazouilleur sans répit pour sa cause

Les autorités de l’UE affichent leur détermination à ne pas rediscuter les propositions d’accord sur les réformes, cela n’empêche pas Alexis Tsipras de pilonner sur Tweeter. Durant la nuit, en une nouvelle salve de gazouillis, il a une fois encore relancé l’hypothèse d’une reprise des discussions, assurant que les questions fiscales sont quasiment réglées et les autres, en bonne voie.

■ 10h05: Les marchés obligataires plutôt calmes

L’AFP note que le marché obligataire en zone euro a ouvert dans le calme mardi matin. Les investisseurs semblent prendre du recul au jour d’un potentiel défaut de la Grèce sur sa dette vis-à-vis du FMI.

Lundi, les taux d’emprunt des pays du sud de la zone euro s’étaient tendus significativement face à ces incertitudes, la séance de mardi s’est ouverte sur une note plus stable.

Aujourd’hui, juste après 08h, le taux à 10 ans de l’Espagne évoluait à 2,341% contre 2,347% lundi à la clôture sur le marché secondaire, où s’échange la dette déjà émise. Celui de l’Italie s’établissait à 2,381% (contre 2,391%) et celui du Portugal à 3,102% (3,083%).

Le taux de la Grèce, dont la dette est peu échangée, continuait sa montée mais de façon également moins prononcée à 15,280% (contre 15,078%).

■ 10h: «Le parapluie de la BCE nous protège», assure Matteo Renzi

C’est une habitude ces jours chez les dirigeants européens, de répéter à leurs administrés que leur nation ne craint rien. Lundi, les gouvernements français, bulgare et macédonien se sont livrés à l’exercice. A présent, au tour du président du Conseil italien Matteo Renzi d’assurer que «l’Italie est déjà hors de la ligne de tir. […] Nous avons effectué un parcours courageux de réformes structurelles, l’économie s’achemine vers la reprise et le parapluie de la Banque centrale européenne nous protège: ce sont trois caractéristiques qui rendent cette crise différente de celle d’il y a quatre ans pour l’Italie», a affirmé Matteo Renzi dans une interview au quotidien économique Il Sole 24 Ore.

■ 9h40: Des marchés qui s’affaissent moins

Alors qu’elles ont fortement baissé lundi matin, les bourses européennes ont repris mardi avec des replis plus modestes. Londres a ouvert à -0,40%, Paris, -0,42%, Francfort, -0,23%. A 9h40, le SMI affichait -0,84%.

9h30: Pas de paiement? C’est «sans grande conséquence», selon un ministre français

Un éventuel défaut grec mardi soir sur sa dette vis-à-vis du FMI serait «sans grande conséquence», a estimé mardi le ministre des Finances Michel Sapin, car l’enjeu du dossier grec est l’issue du référendum dimanche. «Ce soir, la Grèce devrait normalement rembourser au FMI», a déclaré M. Sapin sur France 2. «Je ne sais pas si elle le fera ou si elle ne le fera pas mais c’est sans grande conséquence.»

■ Effet collatéral, et bien concret, des difficultés grecques: depuis la Suisse, les réservations en avion ont baissé de 25% pour cet été. Des détails ici.

■ Reprise des débats ce mardi: pour mémoire, lire notre article sur la stratégie de la BNS face à la crise.