International

Dix ans après la crise grecque, la fracture de la zone euro reste sociale

Alors que les Grecs se rendent aux urnes dimanche, les Rencontres économiques annuelles d’Aix-en-Provence ont de nouveau mis en lumière la colère sociale qui prévaut dans la zone euro

La Grèce a beau être dans l’actualité, avec ses élections législatives de ce dimanche, les économistes semblaient, aux rencontres d’Aix-en-Provence ce week-end, l’avoir presque oublié. Presque aucune référence au pays dont la dette abyssale a menacé pendant dix ans la zone euro, et où les électeurs se sont rendus aux urnes dimanche. Pas un mot sur le troisième «rapport de surveillance» de l’économie hellénique que les ministres des Finances des 19 pays de l’Eurogroupe doivent examiner ce lundi à Bruxelles, au moment où les taux des obligations souveraines grecques à dix ans ont retrouvé, autour de 3,2%, leur niveau d’avant la crise de 2009.

Oubliée, la fracture athénienne, alors que la majorité de gauche d’Alexis Tsipras est donnée perdante? Non. Car sur le plan social, l’héritage de la crise est loin d’être dissipé, a averti d’emblée Laurent Berger, patron du syndicat français CFDT: «Il faut arrêter de dire que l’on s’en sortira avec de la pédagogie sur les réformes, en expliquant aux gens ce qu’ils n’ont pas compris. Patrons et dirigeants politiques européens doivent comprendre que si on ne se préoccupe pas de social, il n’y aura pas de business demain.»