En avril dernier, Marc Furrer, directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM), estimait que les enchères relatives à l'attribution des licences UMTS rapporteraient entre six et dix milliards de francs à la Confédération. Aujourd'hui, il se refuse à tout pronostic, estimant que celui-ci serait trop hasardeux. La prudence est effectivement de mise puisque les enchères qui se sont déroulées en Hollande ont rapporté quatre fois moins que prévu, alors qu'en Allemagne les prévisions les plus optimistes ont été dépassées.

Pour Fulvio Caccia, président de la Commission fédérale de la communication (ComCom), le montant des enchères ne devrait toutefois pas atteindre des sommets comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne. «Pour les grands acteurs du marché, la Suisse n'est pas un pays incontournable comme l'Angleterre ou l'Allemagne. Les sommes dépensées resteront donc en principe plus raisonnables», affirme le président de la ComCom, qui refuse toutefois d'évoquer une fourchette de prix. Fulvio Caccia ne fait pas du montant des enchères une priorité. Il estime même qu'un prix trop élevé aurait des effets négatifs puisqu'il grèverait la capacité des opérateurs à investir. Pour éviter une envolée des prix, l'OFCOM a d'ailleurs mis en place des garde-fous.

Contrairement à l'Allemagne, les quatre concessions seront d'égale valeur. Lorsqu'ils ne seront plus que quatre, les différents candidats ne chercheront donc plus à se battre pour obtenir un nombre plus important de blocs de fréquences avec leur licence. L'OFCOM décidera de plus du niveau du montant supplémentaire que chaque candidat devra offrir pour surenchérir. Pour éviter un emballement, un niveau très bas pourra être imposé. Quant à la mise de base initiale pour une concession, elle a été fixée à 50 millions de francs.

Les enchères débuteront le 13 novembre prochain sur Internet et devraient en principe durer de deux à quatre semaines. Dix candidats y prendront part, dont Swisscom, diAx, Orange, Sunrise, Cablecom, Deutsche Telekom, Team 3G (Telefonica, Sonera, One.Tel), Telenor (Norvège), Hutchison (Hongkong) et Teldotcom (partenaires privés). Tous les opérateurs intéressés ont en effet rempli les différents critères de présélection. Les experts de l'OFCOM ont notamment examiné la solidité financière des candidats, leur capacité technique à bâtir un réseau et surtout les dépendances possibles entraînées par des accords entre actionnaires. Le fait que France Télécom possède des participations dans Orange et Cablecom ou que Sunrise et diAx soient détenus en partie par l'américain SBC n'a toutefois pas permis de conclure à une distorsion du marché. La situation de certains candidats pourrait toutefois évoluer dans les semaines à venir, raison pour laquelle la ComCom restera vigilante.

Une attention toute particulière sera de plus accordée au respect de l'environnement. Dans la mesure du possible, les opérateurs devront donc coordonner la construction et l'utilisation en commun des antennes. En matière de desserte, les exigences resteront cependant assez souples. Jusqu'à fin 2004, seule une couverture de 50% de la population est exigée par la concession puisque la téléphonie vocale pourra toujours être transmise à travers les réseaux GSM existants.

Ceux-ci vont d'ailleurs être prochainement étoffés. En marge des licences UMTS, l'OFCOM mettra également aux enchères, dès le 11 octobre, trois concessions pour le réseau GSM. Il s'agit d'une concession portant sur le droit d'utilisation des fréquences de l'ancien Natel C et de deux autres licences pour des blocs de fréquence dans la bande élargie GSM 900. Cinq candidats sont en lice. Les trois qui possèdent déjà un réseau GSM (Swisscom, diAx et Orange) ainsi que Telenor et One.Tel.