Innovation

Les dix conseils à l’américaine pour lancer sa société

Dix étudiants vaudois découvrent actuellement la Silicon Valley. Le serial entrepreneur Ajay Bam leur livre sa recette de la réussite

Les dix conseils à l’américaine pour lancer sa société

Innovation Dix étudiants vaudois découvrent actuellement la Silicon Valley

Le «serial entrepreneur» Ajay Bam leur livre sa recette de la réussite

Nom de code: Silicon Valley Startup Camp. L’opération a été lancée ce début de semaine par la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), en partenariat avec notamment l’UNIL, l’EPFL, les HES, Swiss­nex et Philias. Elle doit permettre à dix étudiants de hautes écoles vaudoises – triés sur le volet – de réveiller l’entrepreneur qui sommeille en eux. Comment? En s’inspirant de l’esprit qui règne dans la région de San Francisco, Californie. Ateliers de création, visites d’entreprises à succès, conférences sur les nouvelles technologies, rencontre avec des capital-risqueurs et autres «startupers» figurent au programme de stimulation, que Le Temps, invité par la BCV, a également pu suivre.

A peine arrivées, les graines d’entrepreneur ont pu interagir avec Ajay Bam, multirécidiviste de l’innovation, tour à tour enseignant à l’Université de Californie à Berkeley, «startuper» et «consultant» pour le réseau d’échanges scientifiques swissnex San Francisco.

Voilà trois ans que le personnage a vendu, pour un montant inconnu, sa société spécialisée dans la gestion numérique des offres promotionnelles en grandes surfaces, Modiv Media, au leader mondial du marketing relationnel Catalina. «J’ai touché mon premier million de dollars le jour de mes 30 ans. Le chèque était dissimulé dans mon gâteau d’anniversaire», signale celui qui a depuis relancé – avec un succès mitigé – d’autres start-up, avant de cofonder en mars dernier Vyrill, un agrégateur de publicités vidéo.

«Si l’on vous demande quelle est votre idée, ne répondez jamais en présentant d’emblée votre solution, mais commencez toujours par exposer le problème – plus il est important, mieux c’est – que vous avez identifié et que vous proposez de résoudre grâce à votre produit. Pour qu’un investisseur ou un client soit prêt à payer, il faut le faire se sentir concerné par votre idée», assure Ajay Bam. Avide de conseils, l’assistance – âgée entre 20 et 24 ans – écoute religieusement l’entrée en matière et le chapelet d’autres recommandations pour «rendre sexy» un produit. S’ensuivent les dix commandements d’Ajay Bam, afin de réussir son saut dans l’entrepreneuriat. Petit florilège.

Règle numéro un: s’entourer de personnes au moins égales, sinon supérieures à soi. «Il me paraît absurde d’engager des individus moins intelligents que vous pour faire avancer rapidement une entreprise en démarrage. Rien de tel qu’un «sparring-partner» d’affaires pour mettre en œuvre sa vision commerciale», résume l’informaticien de formation, par ailleurs ex-Lehman Brothers et ancien directeur chez Nokia. Règle numéro deux: si l’on veut aller quelque part, il faut demander son chemin à ceux qui sont déjà passés par là. «Tout, ­absolument tout se joue sur la qualité des personnes que vous connaissez déjà ou que vous rencontrerez. Assurez-vous d’avoir au minimum toujours sur vous une carte de visite», poursuit-il. Principe numéro trois: se trouver un mentor. «J’en ai personnellement plusieurs, dont mon psy et mon professeur de l’Université de Babson, Massachusetts, où j’ai effectué mon MBA. Je vois le premier très régulièrement et prends mon petit déjeuner une fois par mois depuis treize ans avec le second», précise-t-il.

Quatrième commandement: travailler sa propre marque. «Je me suis un jour rendu compte que ce que les gens retenaient de moi, ce n’était pas mon discours ou la profondeur de mon expertise, mais l’originalité de mes lunettes», plaisante Ajay Bam.

Conseils numéro 5 et 9: vous pouvez changer d’idée, pas les gens, et impliquez le plus possible vos amis et votre famille dans votre projet entrepreneurial. «Une start-up exige de l’attention du matin au soir, la nuit et les week-ends compris. La première chose que me demande ma mère au téléphone, ce n’est pas si je suis en bonne santé ou si je mange bien, mais comment va mon entreprise. C’est ce que j’aime entendre», indique Ajay Bam. Et le chercheur de pépites numériques d’ajouter: «L’une de mes erreurs passées, à part vouloir tout faire en même temps plutôt que de procéder par étapes, a été de négliger mes équipes et la culture interne de ma société. Depuis, je prends le plus grand soin à recruter mes premiers employés qui, à leur tour, seront un jour appelés à recruter d’autres salariés.»

Et pour finir, les règles numéro 6, 7, 8 et 10 peuvent être résumées ainsi: un véritable entrepreneur doit constamment fonctionner en mode «vente».

La présentation se termine par des applaudissements nourris dans la salle. En guise d’ultime conclusion, Ajay Bam invite les étudiants romands à se connecter avec lui sur les réseaux sociaux. «J’accepterai votre invitation à une condition: vous devez me donner votre avis sur ma présentation», souligne-t-il. Moralité: à San Francisco, les bons conseils courent les rues. Mais c’est toujours selon le mode d’un donné pour un reçu.

Un véritable entrepreneur doit constamment fonctionner en mode «vente»

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