Son poignet était nu depuis le début de l’année. Si les amateurs de tennis ne l’avaient pas forcément noté, cela n’avait pas laissé les horlogers insensibles. Cette anomalie marketing est désormais corrigée, puisque Hublot remplace le japonais Seiko à l’avant-bras de Novak Djokovic.

A l’occasion de l’US Open, qui débute ce lundi à New York, la marque horlogère basée à Nyon a annoncé lundi un partenariat avec le numéro un mondial. Comme souvent dans le monde du sponsoring, le montant du contrat n’a pas été dévoilé. Mais en s’alliant avec Djokovic, Hublot frappe un grand coup. Elle se lie avec celui qui, s’il s’impose à Flushing Meadows, pourrait faire coup double: être le premier à réaliser un Grand Chelem – remporter les quatre tournois majeurs durant la même saison – depuis l’Australien Rod Laver, en 1969.

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Mais Novak Djokovic est également à sept matches de devenir le tennisman ayant gagné le plus grand nombre de ces tournois (Open d’Australie, Wimbledon, Roland-Garros, US Open) avec 21 titres au compteur. Il devancerait ainsi les deux grands absents de la quinzaine new yorkaise que sont l’Espagnol Rafael Nadal – associé à Richard Mille – mais aussi un certain Roger Federer, sous contrat avec Rolex.

C’est vrai, il a parfois des opinions tranchées, il peut être plus clivant que d’autres. Mais il a vraiment évolué de manière positive ces dernières années

Ricardo Guadalupe, directeur général de Hublot

Jusqu’ici, Hublot, propriété du groupe français LVMH, était surtout connue pour être hyperactive dans le football, puisqu’elle a signé des partenariats avec Pelé, Maradona, Kylian Mbappé, la FIFA, l’UEFA ou encore la Premier League anglaise. Elle est également associée au sprinteur jamaïcain Usain Bolt. Mais ce n’est pas pour autant sa première incursion dans le monde du tennis. Simona Halep (13e au classement WTA), Karolina Pliskova (4e) ou Borna Coric (35e à l’ATP) font déjà partie de ses ambassadeurs.

«Nous n’étions pas les seuls»

Les premières discussions entre Hublot et Djokovic remontent à 2014 déjà, avant que le Serbe ne signe avec Seiko, relève le patron de la manufacture nyonnaise, Ricardo Guadalupe. «Nous avons repris contact cette année, avant Wimbledon. C’est lui-même qui a signifié son intérêt pour notre marque. C’est toujours flatteur lorsque l’aspect commercial n’est pas le seul critère qui entre en jeu. Car vous imaginez bien que nous n’étions pas les seuls à avoir noté que son précédent partenariat était terminé».

Après les Jeux de Tokyo, où Novak Djokovic s’est incliné en demi-finale, Hublot a formulé une offre concrète. «Et évidemment, complète Ricardo Guadalupe, nous avons accéléré les choses pour pouvoir faire cette annonce au début de l’US Open.»

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L’image parfois arrogante, ou en tout cas moins lisse que d’autres, que dégage Novak Djokovic n’est pas un problème. «C’est vrai, il a parfois des opinions tranchées, il peut être plus clivant que d’autres. Mais il a vraiment évolué de manière positive ces dernières années.» D’un point de vue sportif, «son palmarès plaide en sa faveur. On n’arrive pas à ce genre de résultats sans un travail acharné et sans discipline», veut rappeler Ricardo Guadalupe.

Son palmarès pourrait aussi ne pas s’étoffer à New York. «C’est ce qui fait la beauté du sport, répond le directeur général. S’il ne gagne pas, ce n’est pas grave. Il a 34 ans et a encore un certain temps devant lui pour remporter un 21e tournoi du Grand Chelem.» Le contrat que vient de signer Hublot vaut pour cinq ans. Mais Ricardo Guadalupe ne cache pas qu’à l’image d’Usain Bolt ou de Pelé, il aimerait pouvoir compter sur ce que représentera Novak Djokovic pour son sport, même lorsqu’il n’y jouera plus au plus haut niveau.

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