Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le financement d’un objet immobilier par hypothèque Libor reste minoritaire (ici le chalet de Roger Moore à Gstaad).
© Reuters

Vos finances

Doit-on toujours préférer les hypothèques Libor?

Taux interbancaire de référence, le Libor sera remplacé, mais les détenteurs d’hypothèques bénéficieront d’un système similaire. L’incertitude porte sur l’acteur qui supportera la différence. La question est aussi de savoir comment combiner les durées de manière optimale

La fin du Libor surviendra d’ici à la fin 2021. Il devrait être remplacé par un système assez proche qui reflétera les taux du marché monétaire. Les débats entre spécialistes font rage pour savoir si la nouvelle référence des hypothèques à brève échéance, parfois appelées hypothèques Libor, sera le Saron (Swiss Average Rate Overnight) ou un autre taux à court terme. «Le nom va changer, mais la base sera très proche», estime Roland Bron, directeur de VZ Suisse romande. Il est également possible que plusieurs taux de référence soient proposés et que l’on laisse le marché décider du meilleur.

Risque juridique?

Non seulement l’incertitude demeure sur le choix final, mais aussi sur l’issue du conflit juridique potentiel dans le cas où le changement de taux se traduit par un renchérissement du crédit hypothécaire. Qui assumerait la différence? Il est possible que la situation soit prévue dans les nouveaux contrats. Mais ce n’est pas certain.

A lire aussi: Cinq conseils pour bien renégocier son hypothèque

Pour les banques, l’impact du changement de taux de référence dépasse le seul secteur hypothécaire en Suisse. Il concerne aussi d’autres types de crédits et quantité d’instruments financiers. Le taux hypothécaire Libor se divise en deux parties, la marge de l’établissement financier, généralement d’environ 1%, et le taux Libor, selon Moneypark. La durée d’une hypothèque Libor varie généralement entre 2 et 6 ans, mais des échéances plus courtes sont possibles. L’investisseur peut choisir la durée de l’hypothèque ainsi que la fréquence de l’ajustement au taux Libor (1,3,6 ou 12 mois). Le taux change donc plusieurs fois durant la durée de l’hypothèque.

Rares sont les banques à avoir prévu le cas

Pour Me Alexandre Massard, avocat à Neuchâtel, «comme l’hypothèque Libor peut avoir une durée (par exemple de 6 ans) qui irait au delà de l’abandon du taux Libor, les modalités de fixation des intérêts peuvent être délicates si le cas n’est pas prévu dans le contrat. Il en résulte une incertitude juridique».

Selon un article du Tages Anzeiger, la Banque cantonale de Zurich est l’une de rares banques à avoir prévu le cas dans une clause correspondante de ce type de contrat. «En raison des incertitudes actuelles, rien n’a changé dans l’offre d’UBS», explique au Temps un porte-parole de la grande banque. «Nous recommandons aux détenteurs de tels crédits de bien lire les différentes clauses des contrats», conseille Dominik Weber, porte-parole auprès de Comparis.

Incertitude sur l’étendue du marché de l’hypothèque Libor

Les hypothèques Libor restent toutefois largement minoritaires. Les banques peinent d’ailleurs à publier le pourcentage qu’elles représentent. Raiffeisen a par exemple indiqué que le total des hypothèques à taux Libor s’élevait dans son cas à 25 milliards de francs, sur un total de crédits hypothécaires de 169 milliards de francs. La proportion est donc de 15%. Moneypark estime que le marché de l’hypothèque Libor représente 10 à 15% du total en Suisse. Largement minoritaire, c’est celui qui offre les taux largement les plus bas depuis de nombreuses années.

A lire aussi: Avec la fin du Libor, les hypothèques pourraient devenir moins chères

«Les banques rechignent à proposer les hypothèques à taux Libor, les marges étant plus faibles que celles des hypothèques à taux fixe. De plus, les assurances ne proposent que rarement ce modèle hypothécaire. D’ailleurs nous constatons que beaucoup de propriétaires ne connaissent même pas le fonctionnement de ce modèle», explique Roland Bron, directeur de VZ en Suisse romande.

Il est important de s’informer des avantages et des inconvénients de chaque modèle. Les avantages de l’hypothèque Libor consistent en une flexibilité accrue et des taux extrêmement bas depuis de nombreuses années. Au rang des inconvénients, le client doit suivre de près l’évolution des taux d’intérêt afin de passer à des hypothèques à taux fixe en cas de changement de tendance. Malheureusement, rares sont les instituts de crédit qui proposent une surveillance systématique des taux pour ses clients.

Etaler les durées

«Notre recommandation consiste d’abord à discuter tous les modèles hypothécaires y compris le Libor, ce qui nous distingue de la plupart des autres instituts», déclare Roland Bron.

Dans une seconde étape, «nous proposons, en fonction des objectifs et du profil de risque du client, une combinaison entre hypothèques à taux Libor et hypothèques à taux fixe», indique le directeur de VZ en Suisse romande. Dans le contexte actuel des taux d’intérêt, VZ privilégie une plus petite part en taux fixe (par exemple un tiers) et la plus grande partie en taux Libor.

Auprès d’UBS, «le conseil est toujours adapté à la situation particulière du client. Nous conseillons plusieurs durées plutôt qu’une seule tranche» indique le porte-parole.

Le relèvement des taux directeurs européens n'est plus qu'une question de temps

Dominik Weber, porte-parole auprès de Comparis

Au cours du troisième trimestre, les taux d’intérêt pour les hypothèques à taux fixe ont quasiment fait du surplace, selon Comparis. Toutefois «la fluctuation modérée des taux hypothécaires qui persiste depuis le début de l’année devrait toucher à sa fin dans un avenir proche», prévient l’institut. Le relèvement des taux directeurs européens «n’est plus qu’une question de temps». Pour Dominik Weber, il faudra toutefois attendre la fin du programme d’achats d’obligations de la part de la Banque centrale européenne.

Au sein des hypothèques à taux fixe, la demande privilégie actuellement les échéances longues (7 à 16 ans). Ces dernières représentent 79,4% de l’ensemble des demandes. Au cours des six premiers mois de l’année, les durées à long terme avaient perdu en attractivité au profit des durées courtes (moins de 4 ans) et moyennes (4 à 6 ans). «Cette tendance est stoppée pour l’heure», selon Comparis.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)