Les bourses mondiales semblent entrées en léthargie. Non seulement les cours ne vont nulle part mais le volume des transactions fait défaut. Ce qui nous ramène au pivot de tout le système financier mondial, à savoir le dollar et à son état de santé.

Et c’est là que l’alternative du diable nous rattrape. Car les dirigeants de la planète, qui ne conçoivent la relance que par toujours plus de dette, ont besoin d’un dollar faible pour mener à bien cette stratégie. Pour ceux qui s’en souviennent, les accords du Plaza à l’automne 1985 redonnèrent de l’air au commerce mondial en laissant chuter le billet vert de moitié. Plus proches de nous, les années 2000 furent un toboggan analogue pour le dollar.

Alors, me direz-vous, tout est simple! Il suffit de laisser à nouveau plonger le dollar pour résoudre tous nos problèmes. Mais cette première option va, cette fois-ci, se heurter aux décisions démagogiques des autorités monétaires prises au cours de cette dernière décennie, les fameux «quantitative easing».

Pourquoi cette mauvaise surprise? – Car les Américains ont été les premiers à imprimer du papier et à le distribuer à travers le monde. Mais, et c’est là que le bât blesse, les bénéficiaires de ces largesses sont devenus, en même temps, débiteurs en dollars. Cette réalité a pour corollaire une spirale sans fin: toute politique monétaire ultra-laxiste conduit à toujours plus d’endettement. Toutefois, aussi longtemps que le calme règne sur les marchés, ce déséquilibre ne porte pas trop à conséquence.

Mais si une crise financière devait survenir, la situation actuelle pourrait vite devenir intenable. En pleine panique, on découvrirait alors qu’il existe bel et bien sur cette planète d’immenses positions débitrices, dites «à découvert» sur le dollar. En l’occurrence, tous ceux qui avaient abondamment profité des largesses de la Fed.

Dans une telle situation, la liquidité deviendrait une priorité absolue, hors de toute autre considération. Et, comme le dollar est l’actif financier le plus fongible qui soit, tout le monde se précipiterait sur cette monnaie. Du même coup, le billet vert exploserait à la hausse – ne serait-ce que pour un temps – par le simple jeu de l’offre et de la demande.

Et avec un dollar écrasant ses concurrents, c’est l’objectif contraire à une relance mondiale qui serait atteint. Qui dit dollar plus cher, dit forcément prix des matières premières orientées à la baisse. Bref, un scénario déflationniste qui s’aggraverait avec son cortège de faillites et de licenciements.

Reste l’autre option de notre alternative infernale: une remontée graduelle des taux d’intérêt aux Etats-Unis qui soutiendrait le dollar. Mais qui voudrait de cette solution qui supposerait de vrais efforts pour redresser nos économies