La chute est tout aussi impressionnante que l’a été la remontée du dollar ces derniers mois. La monnaie américaine s’est retrouvée à son plus bas en quatre mois à 1,0866 euro pour un dollar, alors que Donald Trump et sa proposition de réformer le système de santé a subit un échec retentissant vendredi soir.

Lundi, le dollar entraînait toutes les places financières dans sa glissade. De l’Asie à l’Europe, les bourses perdaient entre 1 et 2%, alors que les contrats à terme sur Wall Street laissaient aussi augurer un début de semaine dans le rouge. Ce serait la septième baisse en huit séances pour la bourse américaine.

Pire mois depuis octobre

Si la tendance se poursuit, l’indice américain des actions, le S&P 500 pourrait vivre son pire mois depuis octobre. La bourse suisse n’échappait pas à la tendance, avec un retrait de 0,6% en fin de matinée. Le franc se renforçait aussi face à l’euro. En parallèle, la volatilité a augmenté sur tous les marchés, signe d’inquiétude.

Ce revers – sur un des points clés de sa campagne – a insinué le doute dans l’esprit des investisseurs. Et si Donald Trump n’était pas capable de mener à bien ses promesses en matières d’économie? Notamment la baisse des impôts pour les entreprises et pour les ménages et le plan d’infrastructures sur lesquels les marchés comptent beaucoup.

La fiscalité, c’est plus simple

L’administration américaine a promis de s’atteler dès cette semaine à la réforme de l’imposition, jugeant ce dossier plus facile à négocier. Ce que défend le secrétaire d’Etat au Trésor, Steven Mnuchin, qui a estimé vendredi que les changements fiscaux étaient «beaucoup plus simples» que la réforme de la santé. C’est aussi l’avis des experts de Goldman Sachs: «Nous pensons qu’il y aura un large soutien des républicains à une loi qui réduit le taux d’impôt des entreprises et des ménages modestement», a expliqué un analyste de la banque, cité par le Financial Times.

A un détail près: l’administration pensait financer cette baisse d’impôt par des dépenses plus faibles pour la santé. De quoi limiter la marge de manœuvre. Et surtout, de quoi semer le trouble sur les marchés, euphoriques depuis l’élection. «Ne pas réussir à faire passer cette réforme n’est pas de bon augure pour les chances de mesures bien plus cruciales de relance budgétaire», ont expliqué les analystes de Rabobank, cité par l’APF.