«La branche ne doit pas toucher aux salaires»

Le Temps: N’avez-vous pas été tenté, comme dans certaines entreprises, d’envisager des mesures de réduction des coûts salariaux pour faire face au franc fort? Dominique de Buman: La branche touristique ne doit pas toucher aux salaires, par exemple en les réduisant ou en envisageant de les verser en euros. Ce serait aller à l’encontre du bon sens car les rémunérations dans l’hôtellerie-restauration sont déjà relativement peu élevées.

– La proportion élevée d’étrangers dans la branche, plus de 40%, plaide-t-elle en faveur du maintien du niveau des salaires?

– Tout à fait. Ce secteur repose en grande partie sur une activité saisonnière déjà marquée par un tournus important du personnel. Nous devons, pour maintenir la qualité de l’accueil et des prestations en Suisse, disposer de personnel qualifié. S’attaquer aux salaires pour lutter contre l’effet du franc fort serait donc la pire mesure à prendre dans ce contexte de besoin essentiel de qualifications.

– Pourtant, vous n’excluez pas une modification des horaires de travail?

– Je parle effectivement d’un besoin de flexibilisation, mais cela n’a rien à voir avec une extension généralisée des horaires de travail dans la branche. Il s’agit, simplement, au cas par cas, de mesures de rationalisation. Je pense en particulier au domaine des remontées mécaniques où les pauses obligatoires ne correspondent pas toujours au besoin de l’exploitation.

– Pourquoi le catalogue de mesures présenté par la branche est-il si étendu?

– Le tourisme est l’un des rares domaines où il n’est pas possible de tirer parti de la baisse des prix des matières premières importées, comme le pétrole ou des biens de la zone euro. L’effet franc fort est donc complet, sans vraie marge de manœuvre pour les entreprises.