Restauration

Domino’s Pizza livre ses enseignes suisses sur un plateau

Domino’s Pizza Group a annoncé vouloir se séparer de ses 22 restaurants présents en Suisse. La société britannique recherche activement un acheteur. Elle assure qu’aucune fermeture n’est prévue. Mais l’avenir de 450 employés est incertain

Dans un univers de la livraison de repas fortement concurrentiel, le britannique Domino’s Pizza Group va cesser ses activités dans quatre pays: la Suisse, la Suède, la Norvège et l’Islande. «Bien que les résultats financiers se soient stabilisés, les ventes à l’international continuent d’être décevantes. Nous sommes arrivés à la conclusion que même si cela représente un marché intéressant, nous ne sommes pas les meilleurs propriétaires pour ces entreprises», a indiqué David Wild, le patron de Domino’s Pizza Group, dans un communiqué publié jeudi présentant les chiffres du troisième trimestre.

Des éléments macroéconomiques sont invoqués pour expliquer la décision du groupe de se retirer des marchés nordique et suisse. Parmi ceux-ci, la diminution du nombre de touristes en Islande et le recul de l’économie européenne à la suite de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Cette annonce signifie-t-elle la disparition prochaine des 22 succursales présentes en Suisse? D’après les premiers éléments de réponse, non. Contactée par Le Temps, la responsable de la communication du groupe basé au Royaume-Uni se veut rassurante: «Nous sommes actuellement à la recherche d’un acheteur mais, quoi qu’il arrive, la marque Domino’s va rester en place. Les restaurants ne vont pas fermer.» Si le site officiel de Domino’s Pizza en Suisse fait mention de 420 employés, le chiffre exact est de 450 personnes, selon la maison mère britannique.

Master-franchise, un contrat d’exclusivité

Car dans cette affaire, il est important de différencier Domino’s Pizza Group plc, l’entité britannique possédant plus de 1000 succursales dans plusieurs pays européens, de Domino’s Pizza Inc., l’entreprise américaine qui englobe le tout. Pour se développer, l’entité britannique a rédigé des contrats de master-franchise, notamment en Suisse. Un avantage lui offrant l’exclusivité pour posséder, exploiter et franchiser les magasins Domino’s dans le pays depuis septembre 2012.

Mais les résultats du troisième trimestre 2019 n’ont pas été au rendez-vous: malgré l’ouverture récente d’un restaurant à Zurich, le chiffre d’affaires a baissé de 2,9% par rapport au troisième trimestre de 2018. Christoph Kienberger, directeur marketing de l’antenne suisse, annonçait pourtant en juin 2018 de grandes ambitions à l’agence de presse AWP: disposer de 50 succursales en Suisse d’ici à 2022 pour un effectif de plus de 1200 personnes. Contacté jeudi, il n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Si le logo et le nom de Domino’s Pizza sont facilement identifiables, se démarquer des autres concurrents est un combat de tous les instants. Face aux nouvelles pratiques des consommateurs, qui préfèrent commander leur nourriture en un clic, l’enseigne mise sur un processus simplifié via son site web. Mais avec un seul partenaire de livraison, EAT.ch, difficile d’atteindre de nouveaux clients.

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