L’effet Trump ne s’estompe pas. Les principales places financières d’Asie, d’Europe et des Etats-Unis ont progressé de façon fulgurante mercredi dans le sillage du premier discours du nouveau président américain mardi soir devant le Congrès. Dès l’ouverture de la séance de mercredi, Wall Street a évolué à des niveaux sans précédent, le Dow Jones dépassant pour la première fois 21 000 points. La barre de 20 000 avait été atteinte le 25 janvier dernier. Les places financières européennes ont aussi clôturé en hausse. En tête, le FTSE-100 qui a progressé de 2,29%. Selon l’agence Bloomberg, les actions mondiales ont renchéri de plus de 70 000 milliards de dollars depuis l’élection de Donald Trump à la présidence américaine le 8 novembre dernier.

Donald Trump n’a pourtant pas détaillé les mesures économiques qu’il avait préconisées lors de sa campagne électorale et qu’il a répétées après son élection le 8 novembre dernier. Il n’a pas non plus indiqué les sources de leur financement. En revanche, il a rassuré les investisseurs, réitérant son engagement à donner un coup de pouce à l’économie américaine. Réformes fiscales en faveur des ménages et des entreprises, investissements massifs pour renouveler les infrastructures et déréglementation de l’économie et de la finance restent ainsi à l’agenda.

L’heure de vérité va sonner

«Le président Trump est un excellent communicateur qui sait produire les effets d’annonces, analyse Christopher Dembik, chef économiste à Saxo banque à Paris. L’heure de vérité va toutefois sonner prochainement.» Et de poursuivre: «Les baisses d’impôts doivent être compensées par d’autres revenus ou par la coupe des dépenses publiques. Le moment viendra lorsque les investisseurs lui demanderont de passer de la parole aux actes.» Dans ce contexte, l’économiste parisien appelle les investisseurs à la prudence.

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Christophe Donay, chef de la recherche chez Pictet Wealth Management, affirme aussi que la présentation de Donald Trump de mardi était un non-événement. «Il n’a rien annoncé de neuf, dit-il. En revanche, son discours était teinté d’optimisme.» Selon lui, les investisseurs ont apprécié le discours rassurant et le ton modéré par rapport aux sujets conflictuels comme le protectionnisme et l’immigration. Dans le même ordre d’idées, le président américain s’est montré réaliste sur le système de santé Obamacare. «Il va l’abroger, mais il va le remplacer par un autre plan plus efficace et plus économique, explique l’économiste de Pictet. Dans ce cas aussi, les investisseurs ont apprécié cette position modérée et équilibrée.»

Vent d’optimisme

Pour Christophe Donay, le vent d’optimisme peut souffler jusqu’en fin septembre lorsque le budget américain pour 2018 sera soumis au Congrès. «Les marchés, eux, auront les regards braqués sur les premiers éléments de la politique économique de la nouvelle administration qui seront dévoilés en avril ou en mai», relève-t-il.

Cette évolution boursière a une deuxième raison. Il s’agit, selon Christopher Dembik, de la perspective d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis, liée à une bonne communication de la Réserve fédérale (Fed). En ce début de semaine, plusieurs membres de son comité directeur ont laissé entendre qu’une hausse était imminente. Selon William Dudley, président de la Réserve fédérale de New York, «un resserrement monétaire s’impose». Son homologue de San Francisco John Williams: «La question d’une hausse sera sérieusement débattue ce mois». Janet Yellen, la présidente de la Fed, est attendue vendredi à Chicago.

Par ailleurs, les marchés surveilleront deux prochains rendez-vous: la réunion de la Fed le 16 mars, puis celle des ministres des Finances du G20, les 17 et 18 mars en Allemagne.