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Donald Trump à la Maison Blanche, lundi 30 avril 2018.
© JIM LO SCALZO/EPA

Commerce

Donald Trump accorde un nouveau sursis à ses principaux alliés sur l'acier

Le président américain a décidé lundi soir de maintenir jusqu'au 1er juin l'exemption de taxes sur l'acier et l'aluminium pour l'Union européenne, le Canada et le Mexique

La Maison Blanche a consenti lundi 30 avril au soir à prolonger jusqu'au 1er juin la période d'exemption provisoire des droits de douanes sur les importations d'acier et d'aluminium du Canada, du Mexique et de l'Union européenne, évitant une escalade dans le conflit commercial. «L'administration (Trump) a prolongé de 30 jours les négociations avec le Canada, le Mexique et l'Union européenne», a-t-elle indiqué dans un communiqué, tout en soulignant qu'elle resterait au cours des négociations «focalisée» sur la préservation de la sécurité nationale des Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump a promulgué le 8 mars des tarifs de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium tout en exemptant immédiatement le Canada et le Mexique. Fin mars, il a en outre exempté provisoirement l'UE. Mais cette exemption temporaire initiale courait jusqu'au 1er mai. Dans le cas d'Ottawa et de Mexico, le président américain a par ailleurs lié une éventuelle exemption définitive à la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna).

Lire aussi: Berne ne veut pas être doublement pénalisé par Bruxelles sur l’acier et l’aluminium

Un porte-parole du gouvernement britannique s'est félicité de cette décision: «Nous continuerons à travailler étroitement avec nos partenaires de l'UE et le gouvernement américain afin de parvenir à une exemption définitive, pour s'assurer que nos importantes industries d'acier et d'aluminium soient préservées.»

Ce bref répit intervient alors que les Européens ont multiplié les demandes d'exemption définitive ces dernières semaines et fait largement savoir qu'ils étaient «prêts» à riposter en cas de mise en oeuvre de ces taxes. «Les contacts ont lieu à tous les niveaux», s'était borné à affirmer lundi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lors du point presse quotidien. «Nous sommes patients mais nous sommes aussi prêts» à agir, avait-il averti.

En échange d'exemptions de ces taxes, les Américains réclament des concessions commerciales.
Ils ont ainsi obtenu de la Corée du Sud une réduction de ses exportations d'acier vers les Etats-Unis et une plus grande ouverture de son marché à leurs constructeurs automobiles. La Maison Blanche a d'ailleurs annoncé lundi soir la finalisation de l'accord de principe annoncé fin mars avec Séoul. «Un des problèmes qui apparaît est celui du traitement équitable des automobiles et nous aimerions voir quelques concessions de l'Europe», a plaidé la semaine passée le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow.

«Pas d'autre choix»

La question est de savoir comment les autres pays européens vont accueillir la décision de lundi dans la mesure où ils avaient posé comme condition une exemption définitive pour entamer véritablement des discussions avec Washington. Ils estiment que c'est la Chine, de loin le premier producteur mondial d'acier et souvent accusée de subventionner massivement son industrie, qui est à l'origine de la surcapacité dans le secteur. Pékin, qui subit depuis fin mars les taxes américaines, a de son côté porté plainte contre les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel se sont quant à eux succédé à Washington la semaine dernière pour tenter de convaincre Donald Trump de préserver l'UE. Les deux dirigeants et la Première ministre britannique Theresa May ont aussi mis en garde dimanche soir les Etats-Unis contre d'éventuelles sanctions commerciales, ajoutant que l'UE devait se tenir «prête à réagir, le cas échéant, avec efficacité et célérité».

Rétorsion

Bruxelles a poursuivi ces dernières semaines les démarches qui lui permettront de répondre à d'éventuelles taxes américaines tout en respectant les règles de l'OMC. La mesure la plus immédiate vise à taxer de manière «ciblée et proportionnée» des dizaines de produits emblématiques fabriqués aux Etats-Unis, parfois dans des Etats ayant voté pour Donald Trump, dont le tabac, le bourbon, les jeans ou les motos. Cette mesure doit permettre de compenser en valeur les pertes potentielles pour l'industrie européenne.

Une liste de produits a déjà été approuvée mi-avril par les Etats membres mais, selon une source européenne, il faudra encore quelques semaines, peut-être d'ici l'été, avant que l'UE puisse en toute légalité frapper les Etats-Unis de premières mesures de rétorsion. Si Washington venait à imposer le 1er juin ses nouvelles taxes, Bruxelles pourrait également déposer une plainte devant l'OMC, estimant que ces taxes, sous couvert de préserver la sécurité nationale, ne servent qu'à avantager les entreprises américaines. Cette action prendrait alors des années avant d'aboutir.

Enfin, la Commission a lancé auprès de l'OMC une procédure pour mettre en place d'ici quelques mois des mesures dites de «sauvegarde» afin de protéger son industrie des flux étrangers qui ne trouveraient plus de débouchés aux Etats-Unis. Une telle mesure - qui ne vise pas directement Washington consisterait à restreindre temporairement les importations d'acier et d'aluminium pour protéger les deux branches concernées. L'Europe a exporté 5,3 milliards d'euros d'acier et 1,1 milliard d'euros d'aluminium en 2017 vers les Etats-Unis.

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