Guerre commerciale

Donald Trump fait miroiter un accord avec Pékin

Le président américain et son homologue chinois se disent satisfaits d’une conversation téléphonique qui s’est tenue jeudi soir. Ils se rencontreront au prochain sommet du G20, fin novembre à Buenos Aires

C’est peut-être un tournant dans la guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances. Pour cause, le président américain Donald Trump a eu une «très bonne conversation» téléphonique jeudi soir avec son homologue américain Xi Jinping. «Nous avons parlé de beaucoup de sujets, en mettant l’accent sur le commerce. Les discussions avancent et des rencontres sont en train d’être programmées pendant le sommet du G20, à la fin du mois en Argentine», a-t-il tweeté. Selon l’agence Bloomberg, Donald Trump, à qui revient cette initiative, aurait donné des instructions pour préparer un projet d’accord. Pour sa part, le président chinois s’est dit «très heureux» et a précisé qu’il attachait «une grande importance aux bonnes relations avec le président américain».

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Quoi qu’il en soit, la «très bonne conversation» n’est pas restée sans conséquence. Les bourses asiatiques ont clôturé la journée en fanfare, l’indice Hang Seng de Hong Kong enregistrant un gain de 4,21%. En Europe, la matinée a été faste. La hausse a toutefois été contenue en deuxième partie de journée, sous l’influence de mauvaises nouvelles aux Etats-Unis. Notamment les résultats décevants d’Apple au troisième trimestre 2018 et le déficit commercial qui s’est creusé de 1,3%, plus que prévu, en septembre par rapport au mois précédent.

Pas de dialogue depuis mai

La guerre commerciale n’est pas étrangère au déficit américain. Les exportations, notamment de soja américain, vers la Chine, principal débouché, ont été pénalisées par les droits de douane imposés par Pékin en représailles aux surtaxes américaines sur les marchandises chinoises.

«C’est une bonne nouvelle que le président américain ait entamé une conversation avec son homologue chinois, commente Norman Villamin, chef des investissements chez Union Bancaire Privée (UBP) à Genève. Il n’y a eu aucun dialogue à haut niveau depuis mai, lorsque les premières mesures ont été mises en œuvre.»

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Norman Villamin rappelle que la Chine avait déjà suggéré d’importer plus de marchandises et de services américains. «Washington avait jugé cette proposition insuffisante, poursuit-il. Dès lors, on peut imaginer que les deux présidents aient évoqué toutes les questions, notamment l’accès au marché chinois non seulement pour les services financiers et l’automobile, mais aussi pour le secteur clé de la technologie de pointe.»

Trump en position de force

Pour le stratège d’UBP, il est toutefois plus facile de commencer une conversation que de conclure un accord. Selon lui, c’est le président américain qui tient le couteau par le manche. «Comme ce fut le cas pour la renégociation de l’accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada, rappelle-t-il. Après l’accord de septembre, Donald Trump a donné l’impression qu’en fin de compte, c’est lui qui avait remporté la partie.»

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«La Chine n’est pas nécessairement dans une position de faiblesse, poursuit Norman Villamin. Mais nous savons toutefois qu’elle ne dispose pas de beaucoup de pièces maîtresses qu’elles pourraient faire valoir durant les négociations.» C’est l’inverse pour les Etats-Unis: l’économie va bien, le chômage est en baisse et le pouvoir d’achat des ménages s’est amélioré.

Et si le téléphone du président Trump n’était qu’un stratagème pour stimuler le sentiment des marchés avant les élections de mi-mandat de mardi prochain? «Ce serait clairement plus rassurant d’aller devant les électeurs avec un marché financier stable», commente Norman Villamin, qui rappelle que les bourses américaines ont reculé de 9% en octobre.

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