Technologie

Donald Trump nomme un adversaire de la neutralité d'Internet

Promu président de la puissante Federal Communications Commission américaine, Ajit Pai risque d’être en conflit avec Google, Netflix ou encore Amazon

Il faudra retenir ce nom: Ajit Pai. Parmi la multitude de personnes nommées par Donald Trump au sein de son gouvernement et de son administration, cet homme pourrait avoir une influence sur les internautes du monde entier. En début de semaine, le président américain l’a nommé à la présidence de la puissante Federal Communications Commission (FCC). Cet organisme, qui supervise le Web aux Etats-Unis, risque de créer de nouvelles règles aux conséquences majeures.

Car Ajit Pai n’est pas n’importe qui. Cet homme de 44 ans, d’origine indienne, était déjà commissaire au sein de la FCC. Et il s’était fait remarquer à plusieurs reprises aux Etats-Unis, lors de votes, par son opposition à la neutralité d’Internet. Ce principe est simple: il impose aux fournisseurs d’accès à Internet – que ce soit via le câble, la fibre, le cuivre ou les réseaux mobiles – de ne pas discriminer du contenu. Ainsi, un fournisseur ne pourrait pas, pour favoriser son propre service de vidéo à la demande, ralentir la vitesse d’accès à Netflix. En février 2015, la FCC s’était prononcée pour la neutralité d’Internet, ce qui avait soulagé Google, Microsoft, Apple ou encore Amazon.

Issu de Verizon

Mais Ajit Pai s’était opposé à cette règle. A l’époque, il avait affirmé que cette loi «impose une régulation intrusive de la part du gouvernement pour résoudre un problème qui n’existe pas en utilisant une autorité légale que la FCC ne possède pas». Dans le CV d’Ajit Pai, on remarque qu’il a été, durant deux ans, avocat pour Verizon. Or Verizon, l’un des principaux fournisseurs d’accès aux Etats-Unis, avait vivement protesté après le vote de février 2015. Tout comme Comcast, concurrent de Verizon, qui avait obligé, en 2014, Netflix à payer pour accéder sans discrimination à son réseau.

Les réactions à la nomination d’Ajit Pai ne se sont pas fait attendre. «Il a été un opposé invétéré à la neutralité d’Internet, à l’accès au haut débit pour les familles à faible revenu, au respect de la vie privée sur les réseaux, à améliorer l’accès au téléphone pour les prisonniers et à la diversité des médias» s’est désolé Craig Aaron, président de l’organisation américaine de défense des internautes Free Press.

Autorégulation en Suisse

A noter qu’en Suisse, pour éviter que l’Etat ne régule, les principaux fournisseurs d’accès ont établi leur propre charte. Et ils ont créé en septembre 2015 leur «Office de conciliation en matière de neutralité des réseaux», formé de trois experts, qui publie un rapport annuel. Deux prises de position ont été rendues publiques pour 2016.

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