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Une certaine «réindustrialisation» américaine semble un scénario bien perçu par la société familiale Sylvac.
© Eddy Mottaz

Entreprises

Donald Trump réjouit les PME romandes

La menace du nouveau président américain s’est rapidement transformée en opportunité

Très peu d’entreprises romandes acceptent de réagir publiquement à l’élection de Donald Trump. Si certaines estiment que la situation est trop floue pour s’inquiéter ou se réjouir, d’autres préfèrent s’abstenir de tout commentaire. En revanche, les rares patrons de PME qui ont été d’accord de s’exprimer sur le sujet ont fait le choix du pragmatisme. Ils y voient même des avantages.

A l’exemple d’Eric Schnyder, le directeur de Sylvac, un fabricant d’instruments de mesure numériques. Cette élection pourrait être une opportunité pour sa société qui est parvenue à remporter le Prix SVC Suisse romande 2016. «J’étais initialement un peu inquiet, craignant que le franc soit de nouveau une valeur refuge. Un recul du billet vert renchérirait automatiquement les produits suisses à l’étranger. Mais les marchés semblent avoir en partie anticipé le scénario. Nous sommes bien loin du tsunami [abandon du taux plancher] provoqué en 2015 par Thomas Jordan, le président de la BNS», fait-il remarquer.

La société qui exporte 7% de sa production aux Etats-Unis, ne craint pas une éventuelle hausse de la taxation des produits importés. «Au Brésil ou en Inde, nos produits sont taxés à 30%, voire plus. Si nos instruments devaient y être taxés à 2%, ça ne sera pas catastrophique, dit Eric Schnyder. La Chine sera probablement davantage taxée, pays où se trouvent nos principaux concurrents. Notre entreprise pourrait donc en bénéficier.»

Manque de vision à long terme

Enfin, une certaine «réindustrialisation» américaine semble également un scénario bien perçu par le directeur de la société familiale Sylvac. «Nous pourrons vendre davantage d’outils outre-Atlantique. Aussi bien les secteurs de l’automobile, de la connectique ou l’aéronautique auront besoin de nos instruments de mesure», anticipe Eric Schnyder. Un avis que partage Philippe Cordonnier, membre de la direction de Swissmem, qui pense que l’élection de Donald Trump profitera aux fournisseurs suisses de machines, d’appareils de production et de produits de niche dans l’aéronautique, l’automobile ou la défense.

Pour Beat Kaufmann, directeur de DC Swiss à Malleray, une PME qui produit des outils de filetage et qui exporte environ 5 à 6% de sa production aux Etats-Unis, l’arrivée de Donald Trump crée de l’incertitude à court terme, comme le Brexit. «Nous sommes dans l’attente. Le manque de vision à long terme, c’est le grand problème actuel», dit-il. Toutefois, ce patron d’entreprise qui se rend plusieurs fois par année aux Etats-Unis, garde toute sa confiance dans la démocratie américaine. Et pense que la Suisse devrait garder un avantage, grâce à ses produits de haute technologie. «Nos produits n’ont souvent pas d’équivalents outre-Atlantique où nous n’avons pas de concurrents directs. Ceux-ci se trouvent essentiellement en Allemagne et au Japon.»

Un avis que partage un patron d’une société active dans le domaine pharmaceutique mais qui préfère garder l’anonymat. «Donald Trump a affiché des postures protectionnistes. Mais les Etats-Unis ont besoin des traitements développés à plus de 50% en Europe. La maladie est sans frontière. Ainsi, les médicaments ne pourront pas être taxés davantage. En revanche, Trump ou pas, leurs prix outre-Atlantique seront amenés à baisser», dit-il.

«Une euphorie dépourvue de fondement»

Alors que la communauté scientifique américaine craint le pire de l’administration républicaine, Donald Trump étant perçu comme le président le plus hostile à la science, le patron de cette PME romande active dans la pharma n’affiche aucune inquiétude. Il rappelle qu’une bonne partie de la recherche aux Etats-Unis est financée par l’armée. «Cela ne devrait pas changer. Donald Trump ne va pas entraver la créativité car c’est un entrepreneur. C’est l’Europe qui devrait plutôt s’inquiéter du retard qu’elle prend, notamment dans le big data.»

Ainsi, comme le montrent également les marchés, Donald Trump semble perçu comme l’homme qui dynamisera la conjoncture. «Les marchés se sont arrangés de l’impensable avec un certain pragmatisme et ont très vite pris en compte les réflexions opportunistes, écrit Martin Neff, chef économiste de Raiffeisen. En peu de temps, une menace s’est transformée en lueur d’espoir pour les marchés, ce qui est tout de même paradoxal. Autant les craintes suscitées par une élection de Trump étaient exagérées, autant l’euphorie actuelle est également dépourvue de tout fondement.»

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