Commentaire

Donald Trump, un fléau pour l’économie mondiale

S’il peut donner un coup de fouet à l’économie américaine en baissant les impôts et en investissant dans les infrastructures, tout le reste est inquiétant, en particulier pour le reste du monde

Les chiffres qui défilent sur les écrans des opérateurs de marchés depuis tôt ce matin le diront mieux que les mots: à court terme, l’élection de Donald Trump est une mauvaise nouvelle pour l’économie. Dans le rouge vif dès l’ouverture, les bourses ont manifesté leurs doutes, tandis que les valeurs «refuge», comme le franc, ont bondi.

Mais ce n’est pas le plus grave. Les marchés peuvent absorber un choc, même si celui-ci, aux Etats-Unis en tout cas, s’annonce comme la plus violente réaction jamais vue en une seule journée. Les soubresauts vont certainement continuer tant les places financières abhorrent les incertitudes, dont le républicain est justement l’incarnation.

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Un seul point positif

C’est pour l’économie réelle, et mondiale, que la nouvelle est la plus préoccupante. Commençons par le seul point positif: Donald Trump a promis une baisse d’impôts, notamment pour les entreprises, et des investissements dans les infrastructures, ce qui pourrait donner un coup de fouet à la croissance. La croissance reste fragile, l’emploi s’est amélioré, mais un nombre considérable d’Américains est sorti des statistiques et les inégalités se creusent. Il faudra faire davantage pour remettre la première économie sur les rails.

Le premier marché du monde qui se barricade

Or la suite du programme se corse. Elle va même à l’opposé du bon sens. Le nouveau président américain a déjà dit toute son aversion pour le commerce mondial et envisage d’imposer toutes sortes de barrières aux échanges, de casser des accords commerciaux avec d’autres pays.

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Si le premier marché du monde se barricade, cela ne peut qu’être désastreux pour lui-même, pour la croissance mondiale et pour les emplois. On ne crée pas de richesse avec le protectionnisme, l’histoire économique est particulièrement claire sur ce point. La Suisse, dont les Etats-Unis représentent le deuxième partenaire commercial, est particulièrement vulnérable sur ce point.

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A cela s’ajoute le point d’interrogation qui pèse désormais sur la Réserve fédérale. A entendre le discours de Donald Trump, son actuelle gouverneure, Janet Yellen, peut envisager de faire ses bagages. Ce, alors que la banque centrale a joué un rôle majeur pour la survie du système financier d’abord, et dans la relance de l’économie ensuite. On peut craindre un successeur qui ne soit pas à la hauteur, mais on peut aussi craindre une mise sous tutelle de la banque centrale, dont l’indépendance est pourtant cruciale, comme pour tous les autres pays.

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