Le marché des semi-conducteurs est en plein boom. L'explosion des réseaux de communication et d'Internet stimule la demande de puces électroniques. En 1999, l'industrie mondiale des semi-conducteurs a ainsi battu son record historique de 1995 avec des ventes s'élevant à 149 milliards de dollars (+19%).

Cette situation favorable a profité à l'entreprise autrichienne SEZ. Cotée à la Bourse suisse, elle fabrique des machines qui traitent la surface des tranches de silicium (wafers), utilisées dans l'industrie des semi-conducteurs. L'an dernier, le groupe a vu ses ventes progresser de 35% à 83,7 millions de francs. Il a bénéficié de la forte reprise en Asie – principalement à Singapour et à Taïwan – où SEZ a dégagé deux tiers de son chiffre d'affaires. Le bénéfice opérationnel avant impôt (Ebit) a bondi de 164% à 12 millions de francs. Quant au bénéfice net, il a décollé à 10,4 millions de francs (+314%!).

Actuellement, 400 installations SEZ sont en fonction à travers le monde. Quatorze des quinze plus gros producteurs de semi-conducteurs utilisent des systèmes développés par SEZ. Parmi eux, TSMC, Samsung, Texas Instruments, ST Microelectronics ou NEC. Seul le plus gros, Intel, manque à l'appel.

Premier trimestre prometteur

L'année 2000 s'annonce également favorable. Il y a trois jours, l'Association américaine des semi-conducteurs a indiqué qu'elle s'attendait à une croissance de 20% pour cette année et de 21% pour 2001. Pour SEZ, les affaires ont d'ailleurs très bien démarré. Au premier trimestre, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 40,1 millions de francs (contre 7,6 millions au premier trimestre de 1999) et un bénéfice d'exploitation de 9 millions (perte de 3,1 millions). Le bénéfice net est également en hausse à 6,4 millions (perte de 1,7 million). Quant au carnet de commandes au 31 mars 2000, il s'élevait à 57,8 millions de francs.

Pour l'année en cours, SEZ prévoit de dégager un chiffre d'affaires de 140 millions de francs et un bénéfice net de 21 millions. Depuis septembre 99, l'entreprise tourne à plein régime et les capacités mondiales de production sont aujourd'hui insuffisantes. Afin de répondre à la demande grandissante de systèmes, SEZ va procéder à un agrandissement de sa fabrique de Villach. De plus, elle entend développer ses activités en Asie – son principal marché – et créer une nouvelle compagnie à Singapour. Montant de ces investissements: près de 65 millions de francs, dont 45 millions en Asie.

Dans les prochains mois, l'apparition de nouveaux matériaux comme le cuivre, et le développement de plaques de silicium plus grandes (diamètre de 300 millimètres au lieu de 200 mm) nécessiteront des installations de production supplémentaires. Ces plus grands wafers, qui contiennent un nombre supérieur de puces, demandent par ailleurs une meilleure qualité de traitement. Or, la technique de SEZ, qui consiste à traiter les wafers un par un, se prête bien à ces nouveaux produits.

Augmentation de capital

Afin de financer sa croissance, le groupe autrichien va procéder à une augmentation de capital. Celle-ci porte sur un maximum de 65 000 actions nominatives d'une valeur nominale de 10 francs. Dix-huit anciennes actions donneront droit à une nouvelle. Le délai de souscription court du 7 au 13 avril pour les actionnaires actuels. Les titres dont la souscription n'aura pas été exercée seront offerts au public jusqu'au 14 avril. Le prix définitif de placement des nouvelles actions sera fixé le 14 avril.