Ethical Coffee Company (ECC), qui fabrique des capsules de café compatibles avec les machines Nespresso, poursuit son combat pour «démocratiser» l’accès à ce type de produits. Son président Jean-Paul Gaillard veut lutter contre les cas d’entrave à la concurrence.

L’entrepreneur d’origine valaisanne a vivement réagi mercredi à Zurich après la décision vendredi du Tribunal cantonal vaudois d’interdire la vente de ses dosettes dans les magasins Media Markt, qui marquait son entrée sur le marché suisse. Il motive son action par la volonté de s’engager pour le libre choix des consommateurs.

Sous l’angle de la capsule de café, «la Suisse doit revenir au libre marché». Jean-Paul Gaillard a dénoncé l’interdiction frappant les capsules ECC depuis samedi, alors même qu’il s’en était écoulé par exemple plus de 50’000 en trois jours dans l’une des enseignes de la chaîne d’électronique et d’électroménager à Zurich.

«Les lois sont faites contre les consommateurs», a ajouté Jean-Paul Gaillard. Ce dernier a par ailleurs regretté la passivité de la Commission de la concurrence (Comco) depuis qu’il a porté à sa connaissance la bataille qu’il livre à Nespresso (Nestlé), pour qui il a travaillé à une époque en y définissant le modèle d’affaires.

Au-delà de l’affaire des dosettes interdites de vente chez Media Markt/Saturn, dans laquelle il annonce vouloir recourir, Jean-Paul Gaillard s’en est pris vertement à Coop. Selon lui, ECC a mené des négociations un an durant avec le grand distributeur bâlois en vue d’écouler en Suisse ses produits.

Celles-ci, pourtant proches d’aboutir, ont capoté suite à un revirement de la part de Coop, a expliqué Jean-Paul Gaillard. Sur la base de la pratique du contrat oral, avec témoins, l’entrepreneur a ici aussi annoncé son intention de ne pas en rester là d’un point de vue juridique.

Contacté par l’ATS, Coop a rejeté les accusations de Jean-Paul Gaillard. L’examen des capsules ECC n’a donné lieu à aucune signature, ni déclaration d’intention et ni contrat, a précisé le porte-parole Urs Meier. L’offre n’a pas pleinement convaincu le numéro deux suisse de la grande distribution.

Dans sa décision de ne pas conclure, Coop a tenu compte de critères comme la qualité, le prix et l’aspect écologique. De même, Urs Meier a rejeté les allégations lancées par Jean-Paul Gaillard, selon lesquelles le groupe alimentaire vaudois Nestlé, propriétaire de Nespresso, aurait exercé des pressions. Dans sa démarche, Coop cherchait simplement à disposer d’une offre de capsules de café compatibles avec les machines Nespresso.

En dehors de ses agissements avec le droit des brevets, Jean-Paul Gaillard a livré ses ambitions quant à l’expansion de sa société, fondée en 2008 et qui a passablement fait parler d’elle depuis. Déjà très présente en France, via le géant de la distribution Casino (9600 points de vente), elle veut conquérir d’autres marchés.

Outre la Suisse, Jean-Paul Gaillard a indiqué qu’il allait investir les marchés allemand et autrichien dans les prochains jours, via les canaux de distribution du groupe Rewe. L’Italie devrait suivre dans les deux mois, le Royaume-Uni, la Scandinavie, l’Espagne et le Portugal figurant aussi dans les projets du Valaisan.

A terme, l’entrepreneur aimerait contrôler 50% du marché pour système Nespresso au niveau international. Pour l’heure, son unique site de production à Annemasse, en Haute-Savoie, affiche une capacité annuelle d’un milliard de capsules. Une capacité qu’il entend accroître à 2,5 milliards d’ici à 2012.

Jean-Paul Gaillard, dont Nestlé constitue la bête noire, veut construire une deuxième usine. Quant à un site en Suisse, dont il a déjà été question récemment, il pourrait prendre forme dans une troisième phase seulement.