Une vingtaine de millions de montres connectées auraient été vendues en 2016. Un chiffre à prendre avec des pincettes puisque les grands fabricants comme Apple et Samsung n’ont toujours pas livré le moindre détail à ce sujet.

Ceux qui pensaient pouvoir compter sur les autorités officielles pour savoir combien de montres connectées habillent réellement les poignets des consommateurs seront déçus: les douanes n’ont toujours pas décidé dans quel groupe il convient de ranger ces smartwatches. Pour l’heure, elles font l’objet de petits arrangements administratifs.

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Exemple en Suisse: les montres connectées sont incluses par défaut dans une des positions tarifaires existantes, celle qui comptabilise les montres électroniques (quartz). «Elles sont donc noyées dans une catégorie regroupant plus de 70% des montres exportées, malheureusement sans possibilité de les identifier», regrette Philippe Pegoraro, responsable des statistiques à la Fédération horlogère.

Rien avant 2022

Pour que les montres connectées aient droit à leur propre classification au niveau mondial, une requête officielle doit être formulée à Bruxelles, auprès de l’Organisation mondiale des douanes (OMD). Une requête qui doit ensuite être acceptée par les pays membres. A noter encore que la prochaine fenêtre pour la création d’une nouvelle ligne tarifaire interviendra en 2022.

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L’OMD a été toutefois été interpellée sur cette question il y a au moins deux ans, à la suite de demandes de classification d’Apple, de Samsung et de Sony. En mars 2015, le comité de l’OMD a donc décidé de se prononcer sur ce qu’elle appelle des «dispositifs portables au poignet».

Incluses dans la catégorie «machines, appareils et matériels électriques», ces montres ne sont donc pas taxées à leur arrivée dans l’immense majorité des pays développés. Ce alors que la plupart des montres connectées Swiss made – rangées, elles, dans le groupe «montres à quartz à affichage mécanique» – sont imposées à hauteur de 3 à 5% à leur arrivée aux Etats-Unis et entre 8 et 13% aux douanes chinoises. Selon la presse coréenne, cette distinction permettrait à Samsung d’économiser 13 millions de dollars par an.

Décision paradoxale

Symboliquement, cette décision de l’OMD a de quoi satisfaire les horlogers suisses, qui répètent à l’envi que ces produits ne relèvent pas de l’horlogerie, mais sont de simples téléphones de poignet. A l’inverse, on notera la dichotomie entre le discours commercial de ces géants de l’électronique, dont on ne peut pas dire qu’ils cherchent à se distancier des codes horlogers, et leur insistance pour que leurs produits ne soient pas considérés comme des montres par les douanes.

Pour la petite histoire, les montres de Apple, Samsung et Sony ont fait leur entrée dans la classification douanière aux côtés d’un drone, d’un dispositif d’isolation thermique en aluminium et d’une garniture pour pizza industrielle composée de 76% de mozzarella et de 22% de salami.