Alors que des grèves de fonctionnaires ont démarré en Grèce, et au lendemain de la mise sous tutelle du pays par l’Union européenne, le scepticisme sur l’abaissement des déficits publics de plusieurs pays européens provoque une baisse des obligations et des actions qui y sont liées.

L’indice portugais des actions, le PSI-20, baisse de 4,3% après un recul de 2,8% la veille et tombe ainsi à son plus bas niveau depuis août dernier. Les difficultés du Portugal à attirer suffisamment d’investisseurs lors de sa dernière émission d’obligations ont mis le feu aux poudres. Dans son projet de budget 2010, le gouvernement socialiste portugais s’est engagé à réduire un déficit record de 9,3% du PIB en 2009 à 8,3% cette année, maintenant l’objectif de le ramener en dessous de la barre des 3% en 2013. La dette publique devrait quant à elle continuer de s’alourdir à 85,4% du PIB en 2010, contre 76,6% l’année dernière.

Le Premier ministre José Socrates a réaffirmé ces derniers jours que ces inquiétudes étaient «infondées». Mais le doute persiste. Le coût de la protection contre une faillite (CDS) du Portugal bondit de 15 points jeudi à 211. Cela signifie qu’il faut 211 000 dollars pour assurer 10 millions de dollars de dette portugaise. Le CDS de la Grèce augmente de 18 points à 415. D’autres pays sont pris dans la tourmente, à l’image de l’Italie, avec une hausse du CDS de 7 à 138.

Les baisses se propagent à l’ensemble des marchés, malgré les déclarations de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne. Les mesures d’économie budgétaire présentées par la Grèce sont «des pas dans la bonne direction», a-t-il jugé.

Le conseil des gouverneurs «approuve» le plan d’assainissement des finances publiques présenté par Athènes, qui prévoit le retour d’un déficit public dans les clous du pacte de stabilité en 2012, a dit le Français lors d’une conférence de presse.

Les mesures, présentées la veille à la Commission européenne et qui prévoient notamment un gel des salaires des fonctionnaires, le relèvement de l’âge légal du départ à la retraite et l’augmentation des taxes sur les carburants, «sont des pas dans la bonne direction», a-t-il ajouté. »Nous attendons, et nous sommes confiants à cet égard, que la Grèce prendra toutes les décisions nécessaires» pour atteindre ses objectifs à moyen terme, a-t-il ajouté.

L’euro est pénalisé par la méfiance envers l’Europe du Sud. Jean-Claude Trichet a pourtant déclaré que le déficit public de l’ensemble de l’eurozone ne dépassera pas 6% du PIB, ce qui est inférieur aux Etats-Unis et au Japon. Les marchés ont accordé davantage d’importance à ces déclarations qu’au maintien des taux directeurs de la BCE.

Progressivement, l’ensemble des marchés a été touché. L’indice Stoxx 50 des actions européennes perd 2,5% à 16 heures et l’indice S&P 500 des actions américaines 1,9%.