Bureaucratie, montagne de papiers et résolutions à la pelle, le Conseil économique et social de l'ONU (Ecosoc) est connu pour sa lourdeur et son manque d'efficacité. Son président, l'Italien Francesco Paolo Fulci, ne le nie d'ailleurs pas. Aussi a-t-il mis sur pied, depuis son élection le 20 janvier, un programme en sept points visant à revitaliser l'organe de coordination. «Nous devons inventer de nouvelles façons de fonctionner», a-t-il déclaré. Ce dernier espère rendre sa place à l'ECOSOC dans les affaires du monde, en coopérant davantage avec les institutions de Bretton Woods et le Conseil de sécurité. «Nous devons être évalués par des résultats concrets», a-t-il ajouté.

L'éradication de la pauvreté dans le monde - sujet-clé de la session de fond 1999 de l'Ecosoc, qui se tiendra du 5 au 30 juillet à Genève – est devenu une priorité. Car pour Francesco Fulci, «nous n'avons pas seulement une obligation morale de le faire: il y va de l'intérêt de tous». A titre expérimental et à la demande du Conseil de sécurité, un groupe consultatif composé de cinq ambassadeurs a été chargé d'établir un plan de coordination de l'aide internationale en Haïti. En d'autres termes, ce projet pilote servira à assurer la continuité entre les initiatives de paix du Conseil de sécurité et le rôle de coordinateur du développement de l'Ecosoc. Si le groupe réussit, le Conseil approuvera ses recommandations – une expérience qui pourrait être reproduite dans d'autres pays en crise, comme la Sierra Leone ou le Kosovo.

Outre ces nouveaux points d'action, le Conseil économique et social mettra l'accent sur le développement de l'Afrique et… se modernisera. Car, aussi incroyable que cela puisse paraître, l'Ecosoc n'est pas encore sur Internet.