Brasserie

Dr. Gab’s veut se frotter aux géants de la bière

Le brasseur vaudois inaugure une nouvelle installation à Puidoux, en voulant plus que doubler sa production. Le lancement d’une mousse légère lui sert de levier pour la restauration

Pour commencer les opérations, une cuisine, puis un garage, enfin une cabane. Un air de start-up, mais il est question de bière. En 2001, trois amis, Gabriel Hasler, Reto Engler et David Paraskevopoulos, se sont lancés dans la production artisanale. Ces jours, Dr. Gab’s inaugure son nouveau site, avec des ambitions affirmées: quasiment tripler sa production.

Les brasseurs passent de la Claie-aux-Moines, sur les hauts de Lausanne, à Puidoux, dans une zone stratégique, non loin de l’autoroute. De 7500 hectolitres l’année passée, les trois patrons estiment que leur production passera à 11 000 cette année et, à terme, à 20 000. Les nouvelles cuves, du brassage à la fermentation, permettront ce bond. La gamme demeure axée sur six variétés classiques ainsi qu’une ou deux bières de saison.

En 2015: Docteur Gab’s, quinze ans 
de bière qui mousse

Offrir toute la gamme aux restaurateurs

La restauration absorbe environ 60% de la production, et il y a encore de nombreuses possibilités de croissance, estiment les trois responsables. Pour mieux s’affirmer sur le marché, ils ont lancé la Swaf, une bière blonde légère (dite «de soif»). Un atout indispensable pour s’affirmer face aux géants qui dominent les tireuses, qui peuvent proposer toute la palette aux restaurants. «C’est un cheval de Troie, illustre Gabriel Hasler (d’où vient «Gab»). Elle doit aider nos autres produits en complétant notre offre.» En pression, soit un tiers des ventes, la Swaf est déjà autant consommée que toutes les autres.

Plus frappant encore pour le grand public, après Boxer et la Valaisanne, entre autres, Dr. Gab’s s’est lancé dans les canettes, avec la Swaf. Le temps était arrivé, plaident les trois patrons; longtemps vue comme la ration de chantier, la canette acquiert elle aussi ses lettres de noblesse. Prochaine étape, l’installation de la marque en ville: un bar-restaurant Dr. Gab’s se prépare à Lausanne.

A l’inverse, de nouveaux goûts: Bières IPA, des bouteilles à l’amer

Dans les locaux… d’un vigneron

Signe des temps? Les halles de Puidoux, qui accueillent une trentaine d’employés, étaient auparavant utilisées par un vigneron. Le site, célébré par des portes ouvertes ce samedi, n’est pas immense, mais les cuves proprettes et bien alignées, dans une relative chaleur ambiante, illustrent la fin des heures héroïques, l’ouverture du nouveau chapitre.

Surtout que Dr. Gab’s met un point d’honneur à travailler en circuit fermé, et sur le plan local: issues d’un partenariat avec Vetropack, les bouteilles sont en grande majorité reprises et nettoyées sur le site, les cartons viennent du Jura, les restes de malt après la filtration sont offerts à un agriculteur… Seules les matières premières, malt et houblons, viennent d’Allemagne, la production nationale ne suffisant pas.

Encore artisanale, vraiment?

A ses débuts, avec la Brasserie des Franches-Montagnes lancée en 1997 et celle des Trois Dames apparue en 2003, Dr. Gab’s a fait partie des pionniers du genre. Aujourd’hui, le brasseur bataille contre les géants, tandis que d’autres mini-brasseries apparaissent.

Que reste-t-il d’artisanal chez le vétéran? «Nous nous situons sur une tout autre dimension en termes de production, lance Reto Engler, et c’est une question de méthodologie: nous sommes à l’inverse de la production standardisée d’une lager pour tout le monde.» Dans leurs nouveaux locaux, les brasseurs ont aménagé une petite unité, la «dînette», pour essayer de nouvelles recettes. Un air de start-up, à nouveau.

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