Bernhard Walter, nouveau président du directoire de Dresdner Bank, deuxième banque privée allemande, veut "tirer un trait" sur les affaires qui ont fait de l'ombre à la banque. L'établissement est soupçonné d'avoir aidé certains de ses clients à placer leur argent au Luxembourg dans le but d'échapper au fisc allemand. Depuis 4 ans, Dresdner Bank fait l'objet d'enquêtes du parquet de Düsseldorf. Jürgen Sarrazin, prédécesseur de M. Walter, a démissionné l'année passée après que deux membres du directoire ont été accusés d'avoir fraudé le fisc à titre personnel.

Lors de la conférence de presse annuelle de la banque qui s'est tenue hier à Francfort, la banque a répété qu'elle voulait désormais engager un «dialogue constructif» avec les autorités judicaires et mener rapidement «ce sujet délicat à un terme acceptable». M. Walter a reconnu que les turbulences de l'année passée avaient provoqué une crise de confiance à l'intérieur de la banque, mais que tout était depuis lors rentré dans l'ordre.

Dénouement proche

Lothar Gries, porte-parole de Dresdner Bank, assure que "le dénouement judicaire est pour bientôt". Un arrangement devrait être trouvé prochainement avec le parquet de Düsseldorf. Peter Lichteberg, son porte-parole, confirme que de «premiers entretiens» entre Dresdner Bank et le procureur ont eu lieu. Il indique qu'une solution devrait être trouvée d'ici la fin de l'année. Le règlement, explique le porte-parole de la banque, pourrait passer par le versement de dommages-intérêts. Pour l'instant, aucun délit n'a cependant été découvert. Des clients de Dresdner Bank ont bel et bien fraudé le fisc. La preuve que la banque leur a prêté main forte n'a pourtant pas, à ce jour, pu être apportée.

Lors de sa conférence de presse, Dresdner Bank a commenté ses résultats 1997, qui présentent une augmentation du bénéfice après impôts de 6,8% à 1,7 milliards de marks (1,4 milliards de francs suisses). Les premiers mois de 1998 sont également qualifiés de bons. Dresdner Bank s'estime assez forte pour continuer seule son chemin "en croissant de manière organique". La coopération avec l'assureur Allianz devrait cette année encore prendre des formes plus concrètes, a expliqué M. Walter. Le groupe bancaire n'exclut pas catégoriquement une fusion. «Les rapprochements dans le secteur bancaire font partie désormais des affaires courantes» a-t-il indiqué.