On ne peut pas s’empêcher de repenser à l’affaire du dresscode d’UBS en 2010. Les circonstances sont les mêmes: une banque qui décide de réaménager ses succursales en Suisse et qui s’égare en voulant mettre de l’ordre dans les tenues de ses employés par la même occasion. Cette fois, c’est la Banque Cantonale de Bâle (BKB) qui a décidé de rhabiller ses collaborateurs en contact avec la clientèle.

Le «Styleguide» des employés

C’est la «BZ Nordwestschweiz» qui rapporte l’affaire. Le code vestimentaire, qui veut imposer des «standards clairs» doit entrer en vigueur le mois prochain et s’applique à 160 employés. De façon très appropriée, il est intitulé «Styleguide». Il ne s’agit pas simplement de rappeler l’essentiel: un banquier s’habille avec un costume, des chemises ou des blouses, il n’a pas de tatouage ou de piercing (ou, du moins, il a le bon goût de les cacher). Mais aussi de fournir la petite panoplie (à titre gracieux) du parfait employé de la BKB: cravate, pochette et foulard à l’effigie de l’établissement cantonal. La banque a la gentillesse de laisser ses employés décider où ils souhaitent acheter le reste de leurs tenues et les défraient.

A l’interne, les réactions sont pour le moins mitigées. On nous «infantilise», se plaint un employé. Pourtant, «nous savons comment nous devons nous habiller». Une autre se dit perturbée par le fait de ne plus avoir le droit de mettre du vernis à ongle rouge. La porte-parole de la banque précise néanmoins qu’il n’y a pas d’interdiction formelle sur ce point, ni de directives rigoureuses sur les cheveux et le maquillage, mais elle souligne que la banque souhaite une «apparence soignée et des bijoux discrets».

Pas de jupes excitantes

Chez UBS, le sujet réveille sûrement des mauvais souvenirs. La banque avait fait la risée du monde lorsque son dresscode de 44 pages, un véritable précis de l’habillement bancaire – mais aussi de savoir-vivre, la banque déconseillait de manger de l’ail la semaine pour ne pas incommoder le client – avait été distribué aux employés. Tout leur était expliqué dans les moindres détails: des chaussettes noires, pas de jupes excitantes, des sous-vêtements couleur chair (plutôt en microfibre qu’en coton, pour éviter les plis), pas de nouvelles chaussures qui font mal aux pieds pour éviter d’être crispé, etc. Le manuel du parfait banquier avait rapidement fini à la poubelle devant l’énormité des exigences. Désormais, la banque, comme la plupart de ses concurrentes, n’a plus de dresscode officiel, laissant au bon sens de ses employés la décision finale.

Un bon sens, qui, visiblement, n’arrive pas jusqu’à Bâle. Ou un épisode médiatique peu glorieux qui avait échappé aux dirigeants de la BKB.

Lire aussi: Ma banquière porte des slips chair et Le «dresscode» d’UBS, épisode 2