«Une décision sans surprise. La bonne foi a triomphé.» Andrew Gordon, directeur de DSR, s'est réjoui de la décision prise par la cour de justice de Genève, rendue publique ce jeudi. Elle déboute en tout point la plainte déposée par Hotelpro. Cette agence de placement accusait le leader romand de la restauration collective de débaucher ses employés et de pratiquer une concurrence déloyale, à la suite de la création de sa propre filiale de travailleurs par intérim.

DSR emploie quelque 1800 personnes, dont 20% temporaires. En mai dernier, il a annoncé le lancement de Hotelis, active sur Vaud et Genève. Objectif: améliorer l'offre en internalisant la gestion de ce type de personnel jusqu'alors confiée à Manpower, Lurati et Hotelpro. Pour les deux premières agences, les conséquences économiques restent limitées, rapportions-nous dans notre édition de jeudi. Hotelpro, en revanche, les estime à 50% de son chiffre d'affaires à Genève, et à près des deux tiers dans le canton de Vaud.

Andrew Gordon affirme avoir simplement fait jouer le jeu de la «saine concurrence» économique, ce que la justice genevoise reconnaît. «On nage dans un aquarium avec des requins, si on n'est pas nous-même un peu prédateur, on va dans un bocal avec des poissons rouges», complète-t-il, en ajoutant que son groupe affecte, lui, une part importante de son bénéfice à des associations caritatives.

Vaud dit le contraire

La décision genevoise tranche avec le point de vue de la justice vaudoise. Cette dernière a notamment pris des mesures provisionnelles interdisant à l'ancien représentant vaudois de Hotelpro de travailler pour Hotelis, qui l'avait engagé. Andrew Gordon constate cette interprétation différente du dossier. La cour vaudoise n'a «peut-être pas compris la stratégie de DSR. Je n'ai pas pu l'expliquer moi-même», regrette-il, car l'affaire ne concernait que Hotelpro et cet ex-employé, et non DSR comme à Genève.

De son côté, le patron de Hotelpro assure vouloir faire appel de la décision genevoise. «J'ai joué de mal chance pour bien me défendre, car mon avocat n'a pu venir le jour de l'audience», déplore Salem Saad.