Gouvernance

Moins d’un quart des patrons suisses sont des femmes

Une étude dénonce la faible représentation féminine dans les organes décisionnels des entreprises suisses. Pour le professeur de l’IMD Didier Cossin, la nécessité de promouvoir les femmes est un «débat du passé»

Insuffisant. C’est ainsi que le nombre de femmes à la tête des conseils d’administration suisses pourrait être qualifié si le but visé était la parité. Le site Business Monitor épingle la Suisse, dans une étude publiée jeudi, pour son faible niveau de représentation féminine dans les conseils d’administration.

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Premier constat, les entreprises alémaniques placent plus de femmes à la tête de leurs directions que les firmes romandes. Par canton, Argovie arrive en tête du classement, avec une proportion de femmes de 26,7%. La Suisse romande compte 22,5% de femmes dirigeantes pour le Valais, 19,9% pour Neuchâtel, 19,8% pour Fribourg, classé en dernière position. A noter encore que seulement deux cantons voient la proportion de femme aux postes décisionnels diminuer en un an, celui de Zoug et du Jura.

Pour Nestlé, avoir des femmes à la direction est une «nécessité»

A la veille de la Journée internationale de la femme, Nestlé en a profité pour rappeler ses efforts en matière d’égalité. «Les femmes occupant des postes de direction sont une nécessité et les différents styles de gestion un enrichissement», déclare Muriel Lienau, directrice générale de Nestlé Suisse, dans un communiqué. Le groupe prévoit d’augmenter la proportion de femmes à des postes de cadres supérieurs d’ici à 2022. Nestlé s’engage à préparer ses talents féminins à assumer des postes à responsabilité dans l’entreprise.

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Pour Didier Cossin, directeur de l’IMD (spécialisé dans la gouvernance d’entreprise), la nécessité d’intégrer des femmes dans les conseils d’administration est un «débat du passé». «La diversité de genre apporte une plus-value en termes d’innovation, de créativité, démontrée scientifiquement, annonce-t-il. Il faut combiner les qualités et non les cloisonner. L’empathie n’est pas réservée aux femmes.»

Aujourd’hui, chaque président de conseil d’administration s’interroge sur la proportion de femmes dans son équipe. S’il ne le fait pas, «c’est comme s’il discriminait d’office 50% des talents», affirme Didier Cossin.

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