Le Temps: Vous sortez d'un conflit de près de trois semaines. Si le dialogue a repris avec les employés, beaucoup doutent toujours de l'avenir de l'usine de Crissier. Qu'en est-il?

Dylan Jones: Je comprends que les salariés soient inquiets. C'est normal lorsqu'une société se trouve dans une situation financière difficile, ce qui est notre cas. Si nous perdons actuellement beaucoup moins d'argent que lorsque nous avons repris Fibertec (ndlr: une société du groupe vaudois Baumgartner cédée au mois de septembre 2003 à Filtrona), il y a encore un long chemin à parcourir avant que Crissier ne soit rentable. Nous avons d'ailleurs toujours indiqué que nous nous donnions un an et demi pour savoir si nous y parviendrons. J'espère que l'usine y arrivera.

– Vous louez les locaux à Baumgartner. Pendant longtemps, vous avez invoqué le renouvellement du bail pour ne pas discuter avec les salariés du contrat collectif de travail. Or, ce bail, dont le cadre avait été défini lorsque Filtrona a racheté Fibertec, a été reconduit sans difficulté. N'était-ce pas un prétexte pour ne pas négocier?

– La question du bail, qui arrivait à son terme en avril, a toujours été importante pour nous. Nous n'étions pas certains de ce que Baumgartner souhaitait faire avec l'usine. Mais pour l'essentiel, la négociation du renouvellement du contrat de location relève du cadre privé des affaires.

– Filtrona appartient à Bunzl, un grand groupe britannique dont la forte culture boursière tranche avec les pratiques que connaissaient les employés avec Baumgartner. N'avez-vous pas commis des erreurs de communication poussant les salariés à faire grève?

– Je ne sais pas, et préfère ne pas discuter de cette question.

– Pendant plus d'une semaine l'office de conciliation, que vous aviez saisi, a tenté de mettre un terme au conflit, en vain. Le lui reprochez-vous?

– Non. L'office a travaillé de façon très professionnelle. Nous sommes très satisfaits de la manière avec laquelle il a traité du problème. Ce qui compte aujourd'hui, c'est que tout le monde mette de la bonne volonté. Les employés veulent travailler, et veulent trouver une issue positive à nos discussions.